12/05/2009

Une vieille querelle

En plus des compagnies aériennes, j'ai une mâchoire contre un corps de métiers : les banquiers. Non aucune démagogie d'extrême gauche, rien de révolutionnaire contre le grand capital non plus. Je n'ai jamais supporté d'avoir à payer et à m'expliquer pour utiliser mon propre argent. Pas la peine de m'envoyer un long rappel de leur utilité aux fil des siècles, j'ai fait du droit bancaire et j'ai subi comme les autres le cours sur les lettres de change, les banquiers des foires, les Medicis et tous les marchés secondaires.

En théorie, je comprends le besoin d'échanges fluides, de reconnaissance de valeurs, de monnaie. En théorie. En pratique, j'ai plus de mal. Déjà le fait qu'on ne puisse pas se passer d'un compte bancaire me hérisse le poil. Oui c'est plus sûr et les oeufs mis dans le même panier magique font des petits à leur tour. Certes. Mais le but n'est pas de nous protéger mais de protéger nos créditeurs. Ils peuvent se saisir à la source. L'Etat lui même en tire un bénéfice. Rien qui ne soit justifié pas de revenus non déclarés, de donation, TOUT est suivi. Quel bonheur, surtout quand c'est le contribuable qui paie. Je m'étais beaucoup intéressée en France aux SEL. L'idée d'échanger un maximum de choses me paraissait une bonne alternative. Les problèmes juridiques qu'ils ont connus sont une bonne illustration de la peur de la perte de contrôle de l'Etat. Avec les échanges où passent la TVA, le contrôle de la valeur ?

Ma répulsion des banques est née d'un incident mineur. J'avais ouvert un compte étudiant et mesurant mal les délais d'encaissement m'étais retrouvée à découvert de 100 francs. Découvert théorique puisque les chèques déposés dormaient dans le ventre du coffrefort de la banque depuis deux jours. La responsable de mon compte m'avait appelée "pour résoudre mon problème". Avant de parler avec elle, j'avais fait un dépôt en liquide pour "régler le problème". Je pensais qu'elle serait contente, elle ne l'était pas. Voyez-vous, elle voulait que je lui prenne un crédit pour couvrir mes découverts et je m'obstinais à ne pas en avoir. Vous êtes le compte le moins rentable de la banque m'a-t-elle dit. Sur le moment je suis restée sans voix, choquée. Et en sortant, j'étais très fière. J'étais le compte le moins rentable de l'agence. Et je me suis donné comme mantra de rester le compte le moins rentable des agences, ne prenant quasiment aucun crédit sauf immobilier et ne dépensant que ce que j'avais. C'est-à-dire pas grand-chose. Bien sûr, je me suis compliqué la vie mais j'ai toujours eu peur de mettre le pied dans un engrenage que je ne pourrais maîtriser. Et je reste choquée comme au premier jour quand les banques nous affirment cyniquement que leur métier consistent à nous endetter toujours plus. Où est la morale sociale d'un tel système ?

Les derniers événements économiques ont achevé de me donner la nausée. Scandale après scandale nous découvriront l'absence de contrôle et l'immunité quasi totale des responsables. Où est notre sécurité ? Combien d'impôts nous faudra-t-il payer pour combler des pertes abyssales ? C''est dans cet état d'esprit que je me retrouve face aux banquiers chiliens. Qui se réfugient derrière le contrôle international pour mener une vie d'enfer aux investisseurs étrangers. Pas surprenant que ce soit le Pérou qui mène la barque loin devant le Chili pour l'investissement. Tous les expatriés que nous connaissons se retrouvent sans chèque, ni carte. Parce qu'un compte courant ici est associé à du crédit et nous sommes trop risqués. Mais nous ne voulons pas de crédit ! C'est encore pire me répond la banquière vous ne serez jamais un bon client. Et c'est reparti. Alors que les faillites personnelles s'accélèrent ici aussi, les banques poussent du crédit comme la solution ultime. Ne serait-il pas temps d'encourager des comportements plu sains ? Et pour ajouter l'injure à l'incompétence, il leur faut souligner que nous sommes soupçonnés de traffic. Ne serait-ce pas plutôt notre tour de réclamer des comptes, de vérifier leur stabilité financière et les investisssements qu'ils ont fait récemment ? S'ils ont de bonnes raisons de penser que l'argent est sale qu'ils demandent un contrôle sinon qu'ils cessent leur attitude arrogante. Mais ne vous iqnuiétez pas quand vous aurez la propriété de la maison, nous serons plus ouverts à la discussion. Eux peut-être mais pas moi. Et je suis repartie en me disant que ça finirait pas être sur ma tombe : ci-git l'élément le moins rentable...

02/04/2009

Assassin

"La France mesure pleinement l’importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu’elle s’en tient à la politique d’une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général de Gaulle qui n’a pas changé et ne changera pas. Dans cet esprit et dans le respect du principe de non-ingérence, la France récuse tout soutien à l’indépendance du Tibet sous quelque forme que ce soit.

Les deux parties estiment que dans la situation politique et économique internationale actuelle marquée par de profonds changements, la France et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, assument de lourdes responsabilités dans la préservation de la paix mondiale comme dans la promotion du développement. Les deux parties ont souligné leur disposition à renforcer le dialogue et la concertation pour relever ensemble les défis planétaires tels que la crise financière internationale. "

Voici le contenu du communiqué du ministère des Affaires étrangères et européennes (1er avril 2009).

A partir d'aujourd'hui, je suis définitivement en deuil d'une quelconque nationalité. Vouloir rentrer dans la cour des grands ne signifie pas se courber devant n'importe quel éventuel puissant ni espérer davantage de contrats d'un pays qui tue ouvertemement une culture et des prêtres. J'ai au moins le soulagement de ne plus payer d'impôts pour financer de telles veuleries. J'espère de tout coeur que l'histoire jugera à sa juste mesure le démantelement de la France par des telles "élites".

06/02/2009

Dur dur d'être président

En ce moment, je ne fais rien d'autre que de visiter des maisons ce qui se ressent sur la publication de mon blog. Nous partons du principe que nous prendrons une décision en ayant vu toutes les options disponibles. Et il y en a. J'ai vu quelques horreurs mais aussi un grand nombre d'options possibles. Je commence à être une pro pour détecter dans l'annonce ce qui d'emblée me fera dire non. Plus jamais donc de maison atypique, de charme décorées avec goût...

Olivier ayant beaucoup de travail me laisse faire une sorte de triage et ne vient voir que celles qui valent vraiment la peine. Or je souffre d'une dyslexie légère qui m'empêche d'appréhender correctement les distances. Une bien jolie façon de dire que pour moi 15 ou 20 mètres carrés c'est du kiffe kiffe et que je me cogne aux murs les croyant infinimeent plus loins qu'ils ne le sont en réalité !! A chaque fois donc, il douche mon enthousiasme en comptant, j'ai systématiquement 10% dans la vue en surfaces. Sur le fond, c'est anodin mais je me sens comme devant un conseil de classes. Je dois lutter contre l'envie de tout plaquer et de le laisser chercher. D'autant que nous n'avons pas les mêmes goûts et sa conception rigoureuse et carrée des choses se heurte à chaque fois à mon amour des coins et des recoins. Mon humeur fluctue au gré des douches écossaises et des espoirs infondés placés sur certaines annonces. Evidemment quand je rentre le soir, je m'effondre sur le canapé hébétée devant TV5 parce que c'est en Français et qu'on ne me demande pas de réfléchir. C'est donc en mouche engluée que j'ai écouté le président nous vendre sa sauce hier soir. Je dois admettre qu'à défaut d'autre chose, il est bon en marketing. On avait presque envie de le plaindre. C'est dur d'être à sa place, tout le monde veut son fauteuil, les critiques fusent et c'est fatigant. Pauvre petit bouchon. Il a un don incroyable pour diffuser une image paternaliste rassurante, un gendre idéal, un gentil papa dynamique. Le temps d'apprendre quand même que l'Education va mal, l'économie va mal, la police et la justice vont mal, l'immobilier c'est pas ça et la recherche c'est foutu...resterait-il une lueur d'espoir dans le pays des lumières ?

Maison de papudo

12/12/2008

UPS et consorts ou les horaires impossibles

C'est l'histoire toute simple d'une lettre qui doit arriver de toute urgence chez un notaire pour finaliser la vente. Je file chez Chile Express sachant qu'ils utilisent UPS en transporteur en France.  5 jours garantis. 40 euros. La fille de la caisse se trompe et inscrit rue de Berrci au lieu de rue de Berri. Je rentre chez moi et m'en rend compte mais je me dis qu'ils ne sont pas crétins chez UPS et qu'un notaire est dans l'annuaire, ils vont trouver. 

Ne jamais sous-estimer l'ennemi. Mercredi alors que je suis aux urgences en train d'essayer de payer la consultation d'Eloïse (je n'y suis toujours pas arrivée), Chile Express m'appelle pour me dire qu'ils ne trouvent pas la rue. La communication coupe sur une promesse de me rappeler. Rien. Ce matin inquiète, je file dans les locaux avec mon reçu. Oui ma bonne dame mais nous on ne peut rien faire, on peut juste vous dire que le courrier est à Paris. Appelez le call center. Call center toujours occupé. Une heure plus tard, on me répond, l'adresse est corrigée et on m'indique qu'un code bloque l'entrée. Ba voyons, c'est un notaire, c'est parfaitement logique que l'entrée soit interdite au public non ? De toutes façons me répond la fille avec le décalage horaire il fait nuit en France c'est trop tard pour cette semaine. Je regarde ma montre, il est 16 heures en France. Il fait nuit en France à 16 heures ? L'autre ne sursaute pas mais oui vous savez bien. Non je l'ignorais. Je demande le numéro d'UPS pour parler directement avec eux. Là c'est franchement comique. C'est un numéro en 08 donc inaccessible de l'étranger.. J'ai demandé à ma mère d'appeler pourvu qu'elle ne réveille personne c'est la nuit en France !

23/09/2008

Le gourou

Il y a quelques années, plus de 10 déjà, je me suis retrouvée embauchée comme assistante d'un gourou. Bien sûr, il n'avait pas présenté les choses de cette façon. Il était dans les médecines parallèles et souhaitait mettre un peu d'ordre dans ses affaires. Malheureusement pour lui, il était assez doué dans son domaine et sa réputation a commencé à grandir. Un grand nombre de femmes d'une cinquantaine d'années toutes divorcées se sont inscrites à ses cours et prenaient d'assaut son bureau pour des 'cours de perfectionnement'. Je n'y voyais aucun inconvénient d'autant que ses longues pauses me permettaient de vaquer à ma guise tout en évitant de répondre aux appels de sa femme pour ne pas avoir à lui mentir.

Mais il a commencé à perdre la tête et a vu dans son succès d'estime la preuve d'une protection divine. De plus, s'il plaisait autant aux femmes mûres pourquoi ne pas attaquer un marché plus jeune ? Et je vous laisse deviner qui était la plus jeune pas trop loin de lui. Complètement indifférente au personnage voire dégoûtée par sa grossièreté et ses approches plus que directes, je l'ai toujours envoyé ballader franchement. Surtout quand il a exigé que nous l'appellions maître.

Il aurait du renoncer mais c'est devenu une obsession. Et j'ai commencé à me méfier des endroits obscures après avoir été enfermée 'par erreur' dans la réserve. J'ai immédiatement discrètement cherché un autre emploi mais les circonstances étant ce qu'elles étaient, je me suis attardée plus longtemps que prévu dans cette maison de fous. Subitement pris d'une lubie sussurée par quelque maîtresse déjantée (vous ne me croiriez pas si je vous décrivais ce que j'ai vu passer), il a décidé qu'il allait me briser et je partirai en ayant peur de lui. Mon travail est dévenu si mauvais qu'il finissait dans sa corbeille tous les jours et je recommençais sans fin les mêmes tâches inintéressantes au possible. En parallèle, je multipliais les entretiens d'embauche et j'avais déjà plusieurs propositions fermes.

Mon calme apparent l'excitait, il s'est mis à m'insulter. Et moi à le rendre fou. Il avait une obsession des faxs qu'il désirait lire au plus vite et soustraire à la lecture de son épouse. Le machin à côté de mon bureau faisait un bruit d'enfer. Je le laissais imprimer son contenu et je le planquais. Il arrivait essoufflé pour le prendre et il n'y avait jamais de faxs. Il les cherchait partout, c'était très drôle. Je l'ai même surpris la tête dans ma poubelle à mon retour d'une pause. Il n'a jamais trouvé les faxs en question et pour cause, ils étaient archivés dans son bureau dans un joli classeur rose face à lui. Cet abruti n'a jamais levé la tête. Je crois que nous avons atteint le sommet quand il a décidé que mon prénom n'allait pas avec mon aura (rien que ça), il m'en a choisi un autre et s'est obstiné pendant le dernier mois à l'utiliser en ma présence. J'ai bien sûr choisi de l'ignorer et nous ne nous sommes pas adressé la parole pendant 30 longs jours. Je l'aurais bien bourré de coups de poings le jour de mon départ mais une collègue adorable m'a fait remarquer que depuis qu'il prenait la grosse tête, il avait d'énormes problèmes de santé. C'est la vacherie qui ressort m'at-elle dit, il va se détruire tout seul. Elle avait raison quelques mois plus tard, c'était la faillite, les huissiers et la brigade financière. Il est mourant et parfaitement inoffensif désormais et je n'en suis pas désolée. Je lui suis redevable d'une seule chose, la décision ferme et irévocable prise le jour de la quille de ne plus jamais de ma vie chercher un gourou ni un fax.

15/06/2007

Démocratie quel joli mot

Je suis un peu amusée de lire dans Marianne un article dénonçant de façon virulente l'absence de proportionnelle dans le scrutin législatif. Ils en arrivent à la conclusion que 40% des voix conduisent à 80% de la représentation et que c'est intolérable. Et comme il faut bien appeler un chat un chat, ils reconnaissent que nous ne sommes plus en régime parlementaire mais bien en régime présidentiel. Rien de nouveau sous le soleil de l'Hexagone. Si quand même, parce que cette absence de proportionnelle les gênait beaucoup moins il y a 5 ans quand le FN était fort. Instaurer la proportionnelle c'était avoir des députés FN, inacceptable. Et pourtant on en arrivait à ignorer un certain nombre de voix. Et maintenant que le PS n'a plus aucune force parlementaire nous voici en dictature de l'UMP. 

Ce qui est vrai.  Et qui soulève une question plus importante qui est celle des tripatouillages des modes de scrutin à la sauce politicienne. Et à chaque fois qu'un côté prend le pouvoir, l'autre s'empresse de réclamer des "contre" pouvoirs qu'il s'était bien gardé d'accorder quand il était à la même place. Valse des reproches sur un air de démocratie outragée. Elle a beau dos la démocratie touchée par toutes ces mains sales. Je me demande si je ne préférerais pas une bonne fois pour toutes qu'un politique nous dise dans les yeux, je fais ça parce que je veux le pouvoir, parce que ça me grise d'être tout là haut et je me soucie peu de vos revendications. J'en ai assez qu'on m'explique que c'est pour mon bien parce que je suis trop bête pour comprendre et qu'il faut laisser faire le travail aux gens compétents. Et je note que les amoureux de la démocratie, ceux qui s'en disent les gardiens vigilants ont, comme d'habitude, passé à la trappe plus de deux millions d'électeurs. Les Français de l'étranger ne sont toujours pas représentés à l'Assemblée Nationale. Ils le sont au Sénat, cette bonne blague.

Comme il est loin le temps où notre Président comptait sur nos voix et nous déclarait avec amour "J'ai une conviction : sans se renier, la France doit savoir regarder à l'extérieur de ses frontières. Elle y verra ce que peut accomplir une société d'entrepreneurs, une société qui libère l'initiative et qui récompense l'effort. Je sais à quel point vous vous intéressez à la vie de notre pays. Pour ce second tour, j'ai besoin de vous. J'ai besoin que vous vous mobilisiez et que vous mobilisiez autour de vous. Malgré l'éloignement et parfois les difficultés pour aller voter, il faut aller chercher les voix une par une. Chaque voix des Français de l'étranger comptera. "


Don Quichotte (c) SB

Comme le disait un lecteur sous un article de Libé évoquant le problème : "vous êtes partis, manquerait plus que vous donniez votre avis", c'est sûr, vu comme ça..

09/05/2007

Un peu de people

On se croirait un lendemain de mariage quand les verres sales se révèlent posés au pied des buissons. Et où sont donc les mariés partis en pleine nuit ?
Cette campagne aura été l'occasion de biens des discussions, parfois ridicules parfois révélatrices de la mentalité de nos concitoyens et de leur image rêvée de la politique. Je parle de rêve, je devrais peut-être évoquer le Messie tant les allusions christiques et les postures de dévouement ont été nombreuses et explicites. Les Français ont besoin d'être aimés, choyés, portés à bout de bras par une personne providentielle.

Je suis stupéfaite de constater à quel point les blogs étaient en décalage avec la France réelle. Si j'avais tenu compte de mes lectures quotidiennes Séglène passait haut la main. Comme les journalistes, les blogueurs sont à gauche. Je trouve ce décalage étonnant et un peu inquiétant. Serait-ce à dire que les blogs ont déjà été contaminés par les défauts des journalistes que beaucoup s'imaginaient compenser ? A moins que les gens de droite soient des taiseux par nature. Ah si l'on pouvait découper la France en tranches précises droite gauche et rien au centre mais les choses sont beaucoup plus complexes qu'il n'y paraît.

Il faut toujours voir un côté positif dans une élection, nous nous sommes enfin débarrassés de Chirac. Enfin. Je commençais à penser qu'il allait rester jusqu'à la fin en Molière de la politique. Et nous passons d'une Bernadette aristocrate et vouvoyante à Cécilia qui part avec son amant à New York quand elle est en colère. C'est rock'n roll d'un coup dans la famille princière. Et tous ces enfants d'un premier mariage. Ils en ont quand même 5 en tout !(si on ne m'a rien caché) Famille recomposée, décomposée, amants, maîtresses, star du show biz nous changeons radicalement de milieu. La France politique entre dans le 21ème siècle. Il était temps. Et je me trouve affreusement has been avec mon (tout nouveau tout beau) unique mari et mes deux enfants. Bon d'accord je blogue, mais je ne suis pas de gauche. Je ne me situe d'ailleurs pas sur leur carte politique, c'est dire la marginalité.  Et je ne suis pas fan de Mireille Mathieu.  Arriverai-je un jour à me sentir représentée ? J'en doute. Mais pas plus Nicolas que Ségolène ne pourraient réussir ce tour de force. Dans le New Hampshire, des libertariens tentent d'acheter des terres et de se regrouper. Peut-être devrais-je aller là-bas. Quelle idée quand même de choisir un tel climat, on ne peut pas être libre sous le soleil ? 

Kite surf (c) SB

26/04/2007

Much ado about nothing

Là c'est clair, j'ai chopé la vomitude. Magouiles, tractations, promesses de gascons, la démocratie qu'il faut sauver de tous les côtés. On fait des barrages, des fronts, des appels. Pas de débat pour Nicolas. Ca tombe bien personne n'a rien à lui dire.

Les lois de la pesanteur ne sont pas les mêmes ici que partout ailleurs. L'économie n'a qu'à bien se tenir, elle ne résistera au vent nouveau qui va régénérer la France. Et puis il ne faut pas oublier de croire à la croyance, à l'ordre ordonné et à la justice juste... Avec ça on est bien avancé. J'allais oublier la sécurité durable. Au début, j'ai cru que les policiers allaient recevoir des matraques en matériaux recyclables mais d'après mon mari c'était pour l'opposer à la sécurité provisoire. On pourrait intervertir les intervenants. Ils sont épuisés. Qu'on en finisse.

Et surtout, il y a le spectacle effarant des coulisses avec les vieux de la vieille qui attendent bien planqués que l'annonce soit faite. On leur promet des ministères, ils amènent leur courant. Derrière le mot changement et nouveauté ce sont eux qui se cachent. Ils n'ont rien à faire, ils retrouveront leurs bureaux et les appartements de fonction. Il leur suffira de signer les mêmes papiers ou de reprendre leurs petites habitudes suspendues pendant 5 ans. C'est beau la rupture dans la continuité.

18/04/2007

Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent

C'est étrange j'ai l'impression que nous vivons cette fin de campagne en apnée. Comme si nous retenions notre souffle avant de savoir à quelle sauce nous allons être mangés. C'est la première fois depuis bien longtemps que je me sens aussi concernée. Et ce n'est pas simplement le fait d'avoir reçu des mails spécialement écrits pour ma condition de ménagère de moins de 50 ans expatriée.

Je me demande si je n'attendais pas des candidats qu'ils me donnent des remords d'être partie ou l'envie de revenir. Pourtant, plus je les lis plus je sens s'aggraver la rupture. Comme s'ils ne comprenaient pas à quel point l'heure est grave. Et puis il y a dans l'air une tension inhabituelle. Chaque camp s'apprête à fourbir les armes.

Certains ont comparé cette élection à celle de 1981. Je me souviens du soir de mai 81 quand nous avons su que c'était Mitterrand, les larmes de ma marraine persuadée que les chars russes allaient entrer à Paris; la tête de mon père quand nos voisins ont (brutamment) ouvert du champagne pour l'occasion. Il y avait des gens vraiment heureux persuadés que tout allait changer. Cette fois-ci c'est très différent. Nous savons qu'il faut que les choses changent mais nous craignons les moyens proposés. Je pense sincèrement qu'il n'y aura pas 100 jours de grâce. Quel que soit le gagnant de cette course folle, il sera exécré par ceux qui n'ont pas voté pour lui. Vraiment exécré. Tous les gens qui me parlent de l'avenir, évoquent des conflits, des revendications, les affiches sont en train de sécher au sous-sol, il ne reste que le prénom à mettre. Vivement le joli mois de mai.

Lolo danse (c) SB

Et, pendant ce temps, Lolo danse de tout son souffle...

10/04/2007

Une lettre de Ségo

Ségolène Royal candidate à l'élection présidentielle

Voilà, je l'attendais de pied ferme, je l'ai reçue. Au passage, je suis déçue que les petits candidats ne prennent pas la même initiative. Ils ont des moyens réduits, ce serait infiniment moins coûteux de nous contacter de cette façon et surtout je pourrais enfin savoir qui ils sont puisque les quotidiens français les ignorent royalement.

Donc Ségo m'écrit, je m'applique à lire. C'est un texte "madonnesque".  Elle aussi, elle nous aime. Ca devient un peu inquiétant tant de solllicitude.

Contrairement à ceux qui ne s’intéressent qu’aux conditions de votre retour, je souhaite que la France s’occupe de vous pendant votre séjour outre-frontières.

C'est la petite phrase assassine, elle a lu les autres textes et voyez-vous elle est si différente. D'ailleurs, elle nous propose des frais de scolarité diminués de moitié dans les lycées français, une augmentation du nombre de bourses et une assurance sociale minimale. C'est un tantinet plus réaliste mais toujours aussi décalé. Je me demande si cette volonté de nous réintégrer dans un régime de sécurité sociale normale n'est pas une inavouable volonté comptable de récupérer l'excédent pour couvrir un (tout petit petit) peu le gouffre du régime. Ce serait très court termiste mais que dire d'un état endetté à 60% pour des frais de fonctionnement ? Qu'il vit largement au-dessus de ses moyens.

Evidemment ses propositions m'ont enthousiasmée, c'est quand même la troisième fois que je les lis à quelques variantes près.

Ce courrier me démontre que son équipe a lu les réactions des Français quant aux deux premiers, parce qu'ils nous expliquent en détail qu'ils ne sont pas en train de nous spammer:

C’est pourquoi j’ai décidé de m’adresser à vous, grâce aux adresses électroniques que vous avez communiquées lors de vos démarches consulaires récentes. Elles ont été transmises, avec la liste des électeurs, à tous les candidats. Je ne le ferai qu’une fois avant le premier tour, et une fois entre les deux tours. Ensuite je demanderai à mon équipe de campagne la destruction de cette base de données.

Par contre, il y a un passage qui m'a mise hors de moi:

Vous le savez, le rayonnement de notre pays a été écorné par la présence du Front National au second tour de la présidentielle de 2002. Il a pâti de l’échec du référendum européen de 2005.

En politique comme dans la vie, je crois au désir, à l'exemple pas au repoussoir. Que doit-on comprendre ? Que ceux qui ont mal voté et terni l'image de la France doivent changer illico presto d'opinions ? C'est ton boulot Ségo de les convaincre pas de les gronder comme une instit mécontente. Je trouve ce jugement nauséeux et le raccourci un peu facile. Le non au référendum était majoritaire. Il vous a cloué au pilori de vos bonnes intentions. Prenez le en compte que diable ! Le référendum n'était pas un échec pour les votants, ils ont exprimé leur mécontentement, proposez leur un nouveau projet européen, ne les accusez pas du déclin de l'image de la France. Je serais bien curieuse de connaître l'image que cette campagne sans idée, sans programme, sans passion développe de nous à l'étranger. Ce n'est pas glorieux à mon sens.

L'idée saugrenue de DSK de nous imposer quand même à l'étranger et qui nous a poussés à nous renseigner sur les modalités de changement de nationalité est complètement passée à la trappe. D'ailleurs, il n'est pas question de fiscalité dans ce mail. Il n'est pas non plus question de retraites, de chômage, de dettes. Non parce que voyez-vous tout va se régler à la force de la volonté:

Je crois en une morale de l’action et en la force de la volonté politique pour relancer la dynamique économique, sociale, culturelle de notre pays, pour répondre à l’urgence écologique, pour redéfinir les rapports Nord-Sud, la solidarité internationale, et le rôle de la France en Europe et dans le monde.

T'as qu'à croire comme pourrait dire ma fille