07/07/2009

Lolo, Maxito, Suzi et les autres

Ici comme au Portugal, nous sommes au pays des diminutifs. Personne ne se présente sous son vrai prénom. Comme l'autre cinglée qui dit s'appeler rosée (rosio) et en fait se prénomme Asuncion beaucoup moins exotique. Des fois c'est évident comme Allie pour Alexandra, des fois c'est plus subtil comme des restes d'école ou d'aspect physique : gordito. Et oui les gens s'interpellent ainsi gordito prend du pain. Oui Flaca. Vous vous voyez vous appeler votre mari mon gros ? A chaque fois Olivier me jette un regard noir, n'y pense même pas semble-t-il dire. Toute cette histoire de surnoms nous complique l'intégration. Nous voici invités chez un couple de relations. Depuis le début, ils se sont présentés comme Jano et Jessica. Facile. Tu connaissais Jano ? me demande Olivier non ce doit être chilien. Et Jessica devient une amie. Nous déjeûnons ensemble, et tranquillement, elle me reconte sa matinée avec Alexandro. Ils ont l'air intime, ils riaient au lit. Ai-je râté quelque chose ? Choisissant de ne manifester aucune désaprobation, je lui demande mine de rien. C'est qui au fait Alexandro ? Enfin Sophie c'est mon mari ! Et voilà encore une presque gaffe, elle en a bien ri. 

Cette semaine, nous invitons un groupe de franco-chiliens. Lui se présente en Français, elle en espagnol. Elle parle vite, je râte le prénom. Pendant toute la soirée, je tenterai de le saisir. Inévitablement son mari utilise un doux nom incompréhensible, un truc en i. Au bout d'un moment, il m'est impossible de reposer la question. On pourrait croire que je suis une mauvaise hôtesse. Je compte sur mon mari qui a l'air de suivre. Ils partent. Ils étaient sympa non ? Oui elle s'appelle comment ? Mes espoirs s'effondrent. Un truc en i. Donc nous l'avons baptisée Mimi. Et nous nous sommes promis de bien tendre l'oreille la prochaine fois.

 Et voilà que le virus s'attaque à ma personne. Sophie, ça n'existe pas. Ils me renomment d'emblée Suzi. Et à partir du moment où Suzi rentre dans la danse impossible de leur faire y renoncer. Jusqu'à la facture de mon cellulaire. Un jour, exaspérée je file au siège, prend un numéro et explique par l'écrit à la gentille madame la différence entre Sophie et Suzi. Pas de problème me sourit-elle. J'aurais du me méfier. La facture suivante n'est jamais arrivée. Forcément, elle a tout mélangé. Je m'appelle désormais Suzi Vina del mar et j'habite rue Travers. Sans blague. Y retourner m'inquiète un peu. Comment vont-ils finir par m'appeler ? Mais Suzi franchement j'ai du mal...

02/07/2009

Paroles de lecteurs

Mon mari n'est pas un lecteur fidèle. Il faut dire qu'il ne lit qu'en Anglais et je n'irai pas jusqu'à dire que la langue de Byron est proscrite sur mon blog mais on n'en est pas loin. De plus, Olivier ne lit pas de fiction. Il lit "sérieux" et vit avec une femme qui s'est juré le jour de la remise de son DEA de ne plus jamais ouvrir un essai de sa vie ! Et quand je vous parle de lectures sérieuses, je ne badine pas : il dévore des bibliographies sur la constitution des Etats-Unis. Si si et il me commente ses lectures. Je mérite un césar quant à mes prestations de haut vol sur le sujet, vous pouvez me croire....

Evidemment passer des pères fondateurs à la prose de sa femme, la chute est abyssale. Je le soupçonne également de ne m'avoir jamais pardonnée de l'avoir devancé quelques trimestres en Français au lycée. Reconnaissons à sa décharge qu'il connaît l'histoire d'avance et qu'il me lit en diagonale craignant de sévères représailles. Je pense qu'il anticipe également mes longues périodes de doutes et les questions que je lui pose.

Petite cession hier au déjeûner. Je lui demande ce qu'il pense de mon écriture. Des fois je devrais me souvenir qu'on ne pose des questions que si l'on souhaite écouter les réponses. Invariablement, il me donne la même lecture. Il trouve l'ensemble laconique voire sybillin. Il semblerait que, volontairement, je ne facilite pas la lecture occasionnel. Il faut travailler pour te comprendre même moi qui, pourtant, connaît bien le sujet ! Sa réponse me travaille, je la rumine en chemin. Nous croisons toute une file d'ouvriers qui transportent un tuyau. Ils ont un code à chaque coup de sifflet ils avancent de deux pas. Le dernier tout au bout du tuyau n'y voit goutte. Et, pourtant à chaque coup de sifflet il avance confiant. Tu vois et si c'était ça ma vision de la vie. Finalement j'avance dans le noir. Je ne peux pas expliquer ce que j'ignore, et le fil se déroule poste après poste. Peut-être me répond-il. Et c'est moi qui suis qualifiée de sybilline....


25/06/2009

Bande de gogos

Encore une réunion de parents d'élèves aujourd'hui. Non respectons le concept : un petit-déjeûner rencontre. Censée être la seule mère à ne pas posséder un véhicule, j'ai pris de l'avance. J'émerge du brouillard juste à l'heure pour toper mes camarades de classe en train de fumer devant l'entrée. Hâtez-vous leur dis-je nous allons être en retard. Quelques minutes n'importent pas me répondent-elles en choeur. Suis-je surprise d'entendre cette réponse de la part de celles qui ont passé, selon leurs propres aveux, leur scolarité à se faire punir? Pas vraiment. 

A faire de cajoleries, j'arrive à les faire monter à l'heure à la cafétéria où nous attend avec un air sévère la direction. Aujourd'hui, le thème c'est le remontage de bretelles. 25% des parents ne se sont pas présentés aux convocations, les gamins ne révisent rien et l'ambiance générale semblent être à l'épilage de mouches. Les parents subissent avec un sourire en coin. Sur 30 enfants des deux CE2 nous sommes 18. Nous prenons donc pour ceux qui, comme d'habitude ne sont pas venus. Ca me rappelle le lycée militaire et sa manière imparable de décourager les bonnes volontés. Les longs discours de l'adjudant-chef pour nous encourager à dénoncer le pauvre gars qui nous gâchait la matinée...

J'ai du fermer les yeux quelques instants, impossible de dormir avec tout ce bruit. J'observe le directeur qui, les mains sur les hanches, continuent de nous sermonner. Il s'interrompt brutalement des questions ? Invariablement on se tape la simplette qui se prend pour un génie. Depuis deux ans, elle a gagné le prix des questions inutiles et mal formulées. Elle s'embrouille, reprend ses phrases, tout ça pour nous dire que le programme est trop dur pour elle et qu'on ne devrait pas imposer à son fils de faire des divisions puisqu'il vient juste de comprendre les multiplications. Pourvu que le QI ne soit pas héréditaire. On t'explique cocotte la division et la multiplication c'est le même raisonnement. Il suffit de connaître ses tables. Elle roule des yeux comme un cheval affolé. Je la regarde incrédule essuyer quelques larmes. Vient-elle de comprendre les raisons de ses échecs scolaires ? Arrête me dit ma voisine elle est perdue, elle est foutue de reposer une question. Tout le monde fait diversion pendant que je mets du temps à m'en remettre; elle pleure.

Enfin après nous avoir fait promettre d'être sages et de faire nos devoirs, non d'avoir des enfants sages qui font leurs devoirs, le directeur s'en va. L'ambiance s'allège, les conversations reprennent. Nous discutons des fameux gogos. Vous avez cette engeance en France ? Des petits osselets en forme de bonhomme qui se jouent comme des billes. Eloïse m'a fait arpenter toute la ville pour en acheter et limite m'a traitée de vieille quand je lui ai demandé à quoi ils ressemblaient. Ce matin, j'ai même pu donner des adresses aux mamans encore plus "vieilles" que moi débordées par le marketing nippon.

24/06/2009

Transfert de propriété

Curieusement alors que tout est notarisé, ce n'est pas le notaire le plus important dans l'achat d'une propriété au Chili. Dans l'étude on signe une promesse de vente ou un accord de vente et on dépose l'argent mais le vrai maître des lieux est le conservateur des hypothèques. C'est lui qui décidera de l'inscription du bien au nom de nouveau propriétaire et qui libèrera le paiement. Les coûts sont très raisonnables puisque nous avons réglé environ 750 euros contre 14 000 pour l'acheteuse française.

Notre vendeur qui a mis plus de deux semaines à nous fournir les papiers pour cette procédure trépigne désormais. Il voudrait toucher son argent. Pas de panique répond notre avocat, les papiers sont parfaitement en règle, il est important de continuer la procédure tranquillement.  Pas de soucis donc même si nous avons commencé les travaux dans une maison qui, légalement, n'est toujours pas la nôtre. Il semblerait que tout le monde fait comme cela.

Autre accord typiquement chilien nous avons obtenu de payer un sixième du prix en 15 mensualités sans intérêt. Je  n'en suis toujours pas revenue qu'il ait accepté avec une hypothèque tout de même en garantie. Hypothèque qui nous a royalement coûté 50 euros. J'avoue que je me faisais une montagne de cet achat. Ce fut beaucoup plus simple que prévu. Le seul impératif que m'a répété mon avocat est de ne jamais versé une quelconque somme d'argent avant le notaire et de vérifier tous les titres de propriété. Et aussi curieux que cela puisse paraître un grand nombre de personnes ne respectent pas ces règles et se font flouer. Si tout continue sur cette lancée nous aurons les papiers mardi matin et nous pourrons enfin mettre les factures d'eau et d'électricité à notre nom, ce qui ne changera pas notre quotidien mais qui nous permettra enfin de démarrer notre société chilienne sans quémander l'autorisation de l'autre cinglée. Ce pourrait être également le premier pas pour justifier de notre stabilité économiques auprès des autorités chiliennes qui ne semblent pas vouloir admettre que le statut provisoire dans lequel ils nous maintiennent depuis deux ans est la cause de notre incapacité à nous établir professionnellement.....

23/06/2009

Deux pas en avant, trois pas en arrière

Nous avons fini par emmener Lolo visiter la maison en la prévenant au moins 20 fois à l'avance de l'état général de délabrement de l'ensemble. Elle a visité les jardins et les escaliers émerveillée et a choisi sa chambre. Pile poil là où nous allons mettre la nôtre, elle a du goût cette petite.

Olivier s'est pris de passion pour le chantier et plus précisément pour la partie électrique de la maison. Nous passons donc de longues heures pour choisir des modules de plaques d'interrupteur. Et je découvre bouche ouverte que les interrupteurs ne poussent pas tous faits dans les murs mais qu'ils sont composés d'un nombre impressionnant de parties démontables qui coûtent un petite fortune chacune. Bien sûr, nous sommes tombés amoureux d'un modèle en verre translucide très élégant atrocement coûteux que personne ne distribue. Nous errons de magasin en magasin pour en trouver quelques uns oubliés dans les stocks. Sur les 64 nécesssaires nous en avons déniché 14. Oui j'ai compté il en manque 50.

Pendant ce temps, Calina s'est persuadée que son petit avait un problème de santé et multiplie les examens inutiles. Elle travaille donc ici en pointillé m'obligeant à des contorsions d'agendas douloureuses pour gérer le chantier. Elle a, en plus, trouvé indispensable de déménager ce week-end et n'a pas d'école pour son fils. Qu'allons-nous faire à ce sujet ? me demande-t-elle. In petto, je me dis qu'elle me connais décidemment bien mal et me transférer ses problèmes ne va pas arranger ni mon humeur ni ma bonne volonté. Je n'ai pas d'idée précise quant à l'éducation de votre fils. Non je voulais dire j'ai besoin de ma journée. Prenez un jour de vacances. Ah soupire-t-elle d'accord.

Direction l'école où la comptable m'explique impertubable qu'elle sait facturer mais pas déduire de l'argent qu'ils me doivent. Qu'allons-nous faire ? C'est la journée mon problème devient le tien ou quoi ? Vous allez me rembourser ? Oui sourit-elle ça je peux.

Me voilà riche de sacs de ciment, d'une hotte, d'interrupteurs, de briques de verre et d'une maison à refaire, d'une nana enceinte jusqu'aux yeux. Forcément je me sens mieux....

20/06/2009

38 ans

J'ai 38 ans aujourd'hui et je suis toujours d'aussi bonne humeur. Franchement j'ai du mérite. Comme si mon entourage s'acharnait à me faire craquer. A commencer par mon mari que mon positivisme exaspère et qui, visiblement préférait vivre avec une râleuse. Il parle déjà de jeter mon livre au feu. Ensuite les enfants qui viennent m'embrasser au lit ce matin et qui s'obstinent à me piétiner, à m'assomer dans leurs embrassades un peu trop franches.

Enfin the last and the least, la cour est recouverte du contenu des fosses sceptiques et le soleil farceur brille joyeusement au-dessus de ce cloaque. Il faut nettoyer. Nous avons un Karsher tout neuf, qui ne fonctionnera pas bien sûr. Armées de balais, Tatiana (la nana du samedi) et moi nous attaquons le problème. Ce sont peut-être les effluves, l'effort ou l'absurdité de passer son aniversaire à faire cela pendant que mon mari joue à l'ordinateur et se plaint qu'on l'envoie acheter trois bouteilles de chlore, mais nous sommes prises de tels fous rires que nous manquons à plusieurs reprises de tomber dans la fosse.

Ma pensée positive, c'était que ma vie change, je me demande si je ne devrais pas mieux définir le changement...

19/06/2009

Le secret

Samedi dernier à la fin de la semaine noire autant dire que j'étais passablement énervée. Sur le point de baisser les bras également quant au sujet du visa et de l'absurdité administrative à laquelle nous étions confrontés. Une amie franco-chilienne m'a appelée pour tenter de me faire réagir. Tu ne changeras pas le pays me dit-elle, suis les règles, montre leur que tu te bas. Olivier dans la soirée s'est assis près du feu avec moi. Que nous apporterait ce visa que nous n'avons déjà ? Dans l'absolu rien. Alors pourquoi ne pas décider de suivre leur avis ? Tu veux te battre pour quelque chose qu'ils ne veulent pas nous donner ? Non pas vraiment. Restons dans les règles du provisoire et utilisons sotre énergie sur un autre dossier.

Mes mâchoires se sont desserrées sur le champ. C'est devenu leur problème pas le mien. Idem pour l'assurance qui ne veut pas assurer l'immeuble. Personne ne veut le faire m'affirme l'agent. Désirez-vous assurer votre maison ? me demande la banque. Le contrat est signé, mais les conditions ne vont pas être bonnes me rappelle l'agent. La maison est assurée c'est forcément meilleur que rien ! Elle vient de perdre un client c'est devenu son problème.

La crèche de Maxence nous appelle, ils ont un cas de grippe porcine, surtout ne paniquez pas. Maxence va bien pour le moment il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Ouf me dit l'instit vous êtes la première mère à rester calme au téléphone. Il faut dire qu'entre temps, j'ai lu le Secret. Vous connaissez ? J'ai dévoré aussi toutes les critiques et les acccusations de sectes. Le secret ou la force de la pensée positive. Et j'ai décidé que le fait d'avoir un toit (enfin deux), des enfants en bonne santé et de la nourriture sur la table feraient de ma semaine une bonne semaine. La liste des choses à faire diminue jour après jour. Les problèmes se résolvent quand ils apparaissent, notre vie n'est pas devenue un champ de pétales de roses non plus. Simplement nous essayons de retrouver une perspective et de redonner aux événements une échelle plus juste. Et pour le moment je regarde l'eau monter autour de la maison suite aux pluies torrentielles tout en écoutant les menaces de la proprio qui refuse de régler le problème mais exige que nous payons immédiatement le loyer. Je sens que sa maison qui part en biberines va devenir son problème dans 7 petites semaines.

08/06/2009

Peut-on supprimer la fête des mères, des grands-mères et la sainte Sophie ?

Je vais finir par mériter la médaille de la pire progéniture de l'hémisphère ouest. Déjà, j'avais zappé ma mère pour la fête des grands-mères. Quoi ma mère elle n'est pas si vieille ai-je répondu à ma soeur qui tentait de me faire appeler. Vieille c'est à voir mais grand-mère si. Zut. Elle ne m'en a pas voulu.

Et là de nouveau hier, pertubée par la perte de mon sac et les plans de la maison, j'ai encore oublié ma mère. A ma décharge, ce n'est pas le même jour ici et je n'avais plus la télé française suite à une crise cardiaque inexpliquée à ce jour du modem de la télé. Je l'ai encore appelée en décalé. La honte totale. Comme elle a également oublié ma fête, nous sommes quittes pour attendre nos anniversaires communs pour nous parler. Je crois qu'elle ne sait même pas que j'ai acheté une maison. Y' a vraiment de quoi faire la fête ?

La famille 

Encore du Botéro que je n'appréciais pas vraiment avant de le voir en plein air.

27/05/2009

La scoumoune

Alors que le monde entier l'a oubliée la grippe humano-mexico-porcine est arrivée au Chili. Etonnée je suis après la sécurité drastique des aéroports que nous avons eu la chance de subir. Les Argentins ont cru bon d'ailleurs d'appliquer des mesures plus archaïques en caillassant un bus chilien plein de touristes même pas grippés.

La maladie frappe ceux qui voyagent, donc les lycées huppés. D'abord à Santiago puis celui de Lolo. Ce matin les mères ne parlaient que de ça. Ce soir Olivier était inquiet pour la santé mentale de mes amies. Elles appellent en boucles pour t'annoncer la fermeture sanitaire de l'école. Elles sont folles. Non elles avaient raison, l'école est fermée jusqu'à nouvel ordre. Cheminée

Pendant ce temps, nous cherchons à mettre un peu d'ordre dans le chaos généré par la maison. Nous avions trouvé un entrepreneur chaudement recommandé. Il nous a présenté un budget de 30 pour cent supérieur à ce que nous avions envisagé. Pour le coup, ce fut la douche froide et je m'emploie depuis à découper les tâches en devis plus modestes. Cette simple discussion nous a menés au bord du divorce. Mon mari est entré en crise de paranoïa aigue quant à la qualité du travail ici. Sentiment habilement entretenu par l'entrepreneur. Du coup, celui-ci nous laisse mariner dans notre maison inhabitable espérant nous désespérer suffisamment pour apparaître comme notre dernier recours. Je déteste l'idée d'un quelconque chantage même inconscient. Et j'ai la migraine du siècle en pensant que ce n'est que le début.

26/05/2009

Comment dit-on merci en Allemand ?

Il pleut quand nous sortons de l'étude. J'esquisse quelques pas de danse au milieu des Santiaguitais pressés qui me poussent agacés. Le sol est glissant, j'arrête mes singeries mon mari me rejoint. Tu penseras à remercier les Allemands. Les Allemands ? Ca y est il a perdu la tête, le pauvre. Oui les Allemands; chez nous les Allemands, on ne les remercie pas, on tente de manger ce repas qu'ils n'auront pas. C'est du moins ce que disait ma tante avant de passer à table. Mais Olivier est sur une histoire plus récente. C'est grâce aux Allemands que l'euro est fort sinon nous aurions déjà eu au moins une dévaluation du franc.

Je suis de bonne humeur, je veux bien remercier les Allemands, l'Union européenne et surtout mon grand-père qui a tout fait pour que j'achète cet appartement. Qui a tout fait pour que je sois celle que je suis.

Normande 

On dirait presque une maison normande !