11/07/2009

30x30x10 ne font pas ce que vous croyez....

La semaine dernière nous avons enfin trouvé le sol parfait pour notre cuisine. Nous nous rendons chez le distributeur du coin pas peu fiers de notre trouvaille. Las il ne lui reste pas le nombre de caisses suffisantes. Qu'à cela ne tienne me dit le vendeur commandons-les dans les autres succursales. Non nous répond sa collègue c'est beaucoup plus cher. Il faut y aller par vous même. Chouette me dit mon mari. Vous vous doutez à quel point il aime faire 120 kilomètres aller pour acheter un plancher. Tendus et impatients nous filons vers la capitale. Directement au rayon sols. Il est là le plancher de nos rêves. oui mais une seule petite boîte, il nous en faut 11. Où sont les autres ? Au Chili à quelques mille kilomètres au Sud ou au Nord. 1325 boîtes en tout parfaitement inaccessibles. Les commander' ? non ma bonne dame le système est bloqué, il n'y a qu'une boîte en vente sur Internet. Choississez un autre sol. La moutarde me monte au nez, trouvez une solution. Deux heures plus tard, miraculeusement, ils avaient débloqués le système et nous sommes repartis avec une promesse de livraison.

Comme nous aimons vivre dangeureusement, nous avons profité du reste de notre journée pour acheter d'autres choses. Encore une boutique concept, immense remplies de toilettes plus sophistiqués les uns que les autres et pas une vendeuse. Il nous faut une caisse de céramique. 10 carreaux de 30 par 30. La précision est importante. Nous errons comme des âmes en peine. Je finis par m'affaler sur le bureau de réception. Que désirez-vous ? Payer une caisse et sortir. 15 minutes pour trouver une vendeuse, ça commence mal. Mais nous ne pouvons pas aller payer et sortir ? Non il nous faut les références. Il me faut quelques instants pour une autre cliente me dit la vendeuse en passant. Non. Elle lève les yeux, je veux juste 10 petits carreaux. Ok allons au bureau. Retraversée du paradis des WC qui nous regardent d'un air moqueur. 10 minutes pour trouver les fameuses références, les noter éditer la facture. 5 pour appeler une collègue à l'aide. reremplir le formulaire et nous demander notre adresse, le téléphone et l'âge de mon père. Elle nous demande hésitante il y a 1, 80 mètres carrés dans la caisse, ça vous suffit ? Largement vu que nous sommes ici pour acheter 0,9 mètres carrés. Nous aurions du nous taire. Elle tique, retape et nous affirme que nous nous sommes trompés. Je finis par me lever, Olivier ostensiblement s'endort sur la chaise. Nous nous dirigeons vers la caisse où trône le produit. Voyez Mademoiselle il ne peut pas y avoir la quantité que vous indiquez. Mais si voyons. Je perds patience, comptez les chiffres ne mentent pas. 10 minutes plus tard tout le monde compte, Olivier est rouge sombre de colère. Il va falloir tout refaire. Mon mari se dirige vers la porte. Je refuse de perdre une bonne heure de ma vie, je veux mes 10 carreaux les plus chers de l'histoire de la céramique. J'avise la caissière hâtez-vous nous voulons vraiment partir. Elle recompte, nous tend une facture. Ca y est ? Non allez au fond du magasin chercher le produit. Hébétés en plein cauchemar, nous suivons le chef livraisons. Il doit imprimer notre reçu, l'imprimante tombe en panne, il soupire; je vais le faire à la main. Olivier a les mains tendues vers la caisse, il tremble. Le fou rire me gagne. 5 bonnes minutes plus tard, nous retraversons le magasin avec le livreur, je pleure de rire et de soulagement.  Plus d'une heure pour moins d'un mètres carrés de céramique. Nous mettrons au moins les deux heures suivantes à fomenter les plans les plus fous pour plastiquer l'endroit.

07/07/2009

Lolo, Maxito, Suzi et les autres

Ici comme au Portugal, nous sommes au pays des diminutifs. Personne ne se présente sous son vrai prénom. Comme l'autre cinglée qui dit s'appeler rosée (rosio) et en fait se prénomme Asuncion beaucoup moins exotique. Des fois c'est évident comme Allie pour Alexandra, des fois c'est plus subtil comme des restes d'école ou d'aspect physique : gordito. Et oui les gens s'interpellent ainsi gordito prend du pain. Oui Flaca. Vous vous voyez vous appeler votre mari mon gros ? A chaque fois Olivier me jette un regard noir, n'y pense même pas semble-t-il dire. Toute cette histoire de surnoms nous complique l'intégration. Nous voici invités chez un couple de relations. Depuis le début, ils se sont présentés comme Jano et Jessica. Facile. Tu connaissais Jano ? me demande Olivier non ce doit être chilien. Et Jessica devient une amie. Nous déjeûnons ensemble, et tranquillement, elle me reconte sa matinée avec Alexandro. Ils ont l'air intime, ils riaient au lit. Ai-je râté quelque chose ? Choisissant de ne manifester aucune désaprobation, je lui demande mine de rien. C'est qui au fait Alexandro ? Enfin Sophie c'est mon mari ! Et voilà encore une presque gaffe, elle en a bien ri. 

Cette semaine, nous invitons un groupe de franco-chiliens. Lui se présente en Français, elle en espagnol. Elle parle vite, je râte le prénom. Pendant toute la soirée, je tenterai de le saisir. Inévitablement son mari utilise un doux nom incompréhensible, un truc en i. Au bout d'un moment, il m'est impossible de reposer la question. On pourrait croire que je suis une mauvaise hôtesse. Je compte sur mon mari qui a l'air de suivre. Ils partent. Ils étaient sympa non ? Oui elle s'appelle comment ? Mes espoirs s'effondrent. Un truc en i. Donc nous l'avons baptisée Mimi. Et nous nous sommes promis de bien tendre l'oreille la prochaine fois.

 Et voilà que le virus s'attaque à ma personne. Sophie, ça n'existe pas. Ils me renomment d'emblée Suzi. Et à partir du moment où Suzi rentre dans la danse impossible de leur faire y renoncer. Jusqu'à la facture de mon cellulaire. Un jour, exaspérée je file au siège, prend un numéro et explique par l'écrit à la gentille madame la différence entre Sophie et Suzi. Pas de problème me sourit-elle. J'aurais du me méfier. La facture suivante n'est jamais arrivée. Forcément, elle a tout mélangé. Je m'appelle désormais Suzi Vina del mar et j'habite rue Travers. Sans blague. Y retourner m'inquiète un peu. Comment vont-ils finir par m'appeler ? Mais Suzi franchement j'ai du mal...

04/07/2009

Pas de panique

Les travaux avancent à un rythme assez chaotique. Nous avons détruit, arraché, sorti tout ce qui pouvait l'être. Et derrière les parois apparaissent les surprises. Surprises qui n'en sont pas puisque nous nous avions budgeté quelques réparations supplémentaires. Nous avons profité de cette mise à nue pour refaire intégralement l'installation électrique. C'est certainement le domaine le plus inquiétant en matière de construction chilienne. Une des maisons qui nous intéressait a pris feu récemment dans la cuisine. Après enquête de notre électricien, il s'est avéré que les ouvriers avaient changé au dernier moment les câbles pour des plus fins empochant la différence. C'est très courant ici. Une des règles d'or des chantiers est de n'amener que le matériel nécessaire pour la journée et de vérifier qu'il est bien utilisé et non pas son erzatz moins cher et de moindre qualité. Même si nous avons raisonnablement confiance dans nos ouvriers, nous multiplions les contrôles sans prévenir, ce qui nous a permi de remettre dans le rang un tire-au-flanc.

Nous sommes passés par des phases de doute extrême cette dernière semaine. C'était la pire configuration, la maison était de plus en plus nue tandis que nous dépensions de plus en plus d'argent en matériel. Cette phase est passée, les sols sont nivelés et lissés, le sable s'est transformé en béton et tous les câbles sont entrés dans leurs tubes. Désormais nous allons faire pouvoir choisir les détails de décoration.

Calina enfle de plus en plus et continue de se découvrir une maladie incurable par jour. J'essaie d'être le plus agréable possible mais je commence à avoir hâte qu'elle parte en congé maternité pour ne plus l'entendre se plaindre. Les hypocondriaques ont un effet très irritant sur mon système nerveux. Un peu comme la goutte d'eau du supplice chinois. Heureusement, j'arrive à cacher mes pensées derrière un agenda très très chargé.

Et puis notre vieille folle de propriétaire a décidé de revenir à la charge. Elle exige, trépigne, tempête que nous payions le loyer complet avec les égouts dans le jardin à la vue et des seaux pour récupérer l'eau dans chaque pièce. Après l'avoir prévenue, nous avons porté plainte chez les carabiniers et auprès des services de santé municipaux. Nous attendons de pied ferme l'inspecteur et il y a fort à parier que nous allons tout droit vers un nouveau procès.

25/06/2009

Bande de gogos

Encore une réunion de parents d'élèves aujourd'hui. Non respectons le concept : un petit-déjeûner rencontre. Censée être la seule mère à ne pas posséder un véhicule, j'ai pris de l'avance. J'émerge du brouillard juste à l'heure pour toper mes camarades de classe en train de fumer devant l'entrée. Hâtez-vous leur dis-je nous allons être en retard. Quelques minutes n'importent pas me répondent-elles en choeur. Suis-je surprise d'entendre cette réponse de la part de celles qui ont passé, selon leurs propres aveux, leur scolarité à se faire punir? Pas vraiment. 

A faire de cajoleries, j'arrive à les faire monter à l'heure à la cafétéria où nous attend avec un air sévère la direction. Aujourd'hui, le thème c'est le remontage de bretelles. 25% des parents ne se sont pas présentés aux convocations, les gamins ne révisent rien et l'ambiance générale semblent être à l'épilage de mouches. Les parents subissent avec un sourire en coin. Sur 30 enfants des deux CE2 nous sommes 18. Nous prenons donc pour ceux qui, comme d'habitude ne sont pas venus. Ca me rappelle le lycée militaire et sa manière imparable de décourager les bonnes volontés. Les longs discours de l'adjudant-chef pour nous encourager à dénoncer le pauvre gars qui nous gâchait la matinée...

J'ai du fermer les yeux quelques instants, impossible de dormir avec tout ce bruit. J'observe le directeur qui, les mains sur les hanches, continuent de nous sermonner. Il s'interrompt brutalement des questions ? Invariablement on se tape la simplette qui se prend pour un génie. Depuis deux ans, elle a gagné le prix des questions inutiles et mal formulées. Elle s'embrouille, reprend ses phrases, tout ça pour nous dire que le programme est trop dur pour elle et qu'on ne devrait pas imposer à son fils de faire des divisions puisqu'il vient juste de comprendre les multiplications. Pourvu que le QI ne soit pas héréditaire. On t'explique cocotte la division et la multiplication c'est le même raisonnement. Il suffit de connaître ses tables. Elle roule des yeux comme un cheval affolé. Je la regarde incrédule essuyer quelques larmes. Vient-elle de comprendre les raisons de ses échecs scolaires ? Arrête me dit ma voisine elle est perdue, elle est foutue de reposer une question. Tout le monde fait diversion pendant que je mets du temps à m'en remettre; elle pleure.

Enfin après nous avoir fait promettre d'être sages et de faire nos devoirs, non d'avoir des enfants sages qui font leurs devoirs, le directeur s'en va. L'ambiance s'allège, les conversations reprennent. Nous discutons des fameux gogos. Vous avez cette engeance en France ? Des petits osselets en forme de bonhomme qui se jouent comme des billes. Eloïse m'a fait arpenter toute la ville pour en acheter et limite m'a traitée de vieille quand je lui ai demandé à quoi ils ressemblaient. Ce matin, j'ai même pu donner des adresses aux mamans encore plus "vieilles" que moi débordées par le marketing nippon.

24/06/2009

Transfert de propriété

Curieusement alors que tout est notarisé, ce n'est pas le notaire le plus important dans l'achat d'une propriété au Chili. Dans l'étude on signe une promesse de vente ou un accord de vente et on dépose l'argent mais le vrai maître des lieux est le conservateur des hypothèques. C'est lui qui décidera de l'inscription du bien au nom de nouveau propriétaire et qui libèrera le paiement. Les coûts sont très raisonnables puisque nous avons réglé environ 750 euros contre 14 000 pour l'acheteuse française.

Notre vendeur qui a mis plus de deux semaines à nous fournir les papiers pour cette procédure trépigne désormais. Il voudrait toucher son argent. Pas de panique répond notre avocat, les papiers sont parfaitement en règle, il est important de continuer la procédure tranquillement.  Pas de soucis donc même si nous avons commencé les travaux dans une maison qui, légalement, n'est toujours pas la nôtre. Il semblerait que tout le monde fait comme cela.

Autre accord typiquement chilien nous avons obtenu de payer un sixième du prix en 15 mensualités sans intérêt. Je  n'en suis toujours pas revenue qu'il ait accepté avec une hypothèque tout de même en garantie. Hypothèque qui nous a royalement coûté 50 euros. J'avoue que je me faisais une montagne de cet achat. Ce fut beaucoup plus simple que prévu. Le seul impératif que m'a répété mon avocat est de ne jamais versé une quelconque somme d'argent avant le notaire et de vérifier tous les titres de propriété. Et aussi curieux que cela puisse paraître un grand nombre de personnes ne respectent pas ces règles et se font flouer. Si tout continue sur cette lancée nous aurons les papiers mardi matin et nous pourrons enfin mettre les factures d'eau et d'électricité à notre nom, ce qui ne changera pas notre quotidien mais qui nous permettra enfin de démarrer notre société chilienne sans quémander l'autorisation de l'autre cinglée. Ce pourrait être également le premier pas pour justifier de notre stabilité économiques auprès des autorités chiliennes qui ne semblent pas vouloir admettre que le statut provisoire dans lequel ils nous maintiennent depuis deux ans est la cause de notre incapacité à nous établir professionnellement.....

23/06/2009

Deux pas en avant, trois pas en arrière

Nous avons fini par emmener Lolo visiter la maison en la prévenant au moins 20 fois à l'avance de l'état général de délabrement de l'ensemble. Elle a visité les jardins et les escaliers émerveillée et a choisi sa chambre. Pile poil là où nous allons mettre la nôtre, elle a du goût cette petite.

Olivier s'est pris de passion pour le chantier et plus précisément pour la partie électrique de la maison. Nous passons donc de longues heures pour choisir des modules de plaques d'interrupteur. Et je découvre bouche ouverte que les interrupteurs ne poussent pas tous faits dans les murs mais qu'ils sont composés d'un nombre impressionnant de parties démontables qui coûtent un petite fortune chacune. Bien sûr, nous sommes tombés amoureux d'un modèle en verre translucide très élégant atrocement coûteux que personne ne distribue. Nous errons de magasin en magasin pour en trouver quelques uns oubliés dans les stocks. Sur les 64 nécesssaires nous en avons déniché 14. Oui j'ai compté il en manque 50.

Pendant ce temps, Calina s'est persuadée que son petit avait un problème de santé et multiplie les examens inutiles. Elle travaille donc ici en pointillé m'obligeant à des contorsions d'agendas douloureuses pour gérer le chantier. Elle a, en plus, trouvé indispensable de déménager ce week-end et n'a pas d'école pour son fils. Qu'allons-nous faire à ce sujet ? me demande-t-elle. In petto, je me dis qu'elle me connais décidemment bien mal et me transférer ses problèmes ne va pas arranger ni mon humeur ni ma bonne volonté. Je n'ai pas d'idée précise quant à l'éducation de votre fils. Non je voulais dire j'ai besoin de ma journée. Prenez un jour de vacances. Ah soupire-t-elle d'accord.

Direction l'école où la comptable m'explique impertubable qu'elle sait facturer mais pas déduire de l'argent qu'ils me doivent. Qu'allons-nous faire ? C'est la journée mon problème devient le tien ou quoi ? Vous allez me rembourser ? Oui sourit-elle ça je peux.

Me voilà riche de sacs de ciment, d'une hotte, d'interrupteurs, de briques de verre et d'une maison à refaire, d'une nana enceinte jusqu'aux yeux. Forcément je me sens mieux....

19/06/2009

La mousson

C'est le jardin du voisin qui centralise l'eau qui coule. Il pleut deux fois par an au bled mais du coup nous sommes plus près de la mousson que de la bruine angevine. L'eau qui monte est celle des égouts coeurs sensibles s'abstenir. Inquiète de voir cette marée nauséabonde flirter avec le sol de ma cuisine, j'appelle le voisin. C'est un ancien de la Marine 75 ans au compteur. Charmant mais dépassé, il entre chez moi en pleurant, que vais-je faire c'est un désastre ! Appeler quelqu'un pour déboucher vos égouts ? Oui mais ils ne viendront pas avant demain. Chouette demain je serai inondée. Je le lui dit le plus calmement possible, ce n'est pas le moment que son coeur lâche. Il se tourne vers moi émerveillé. Je n'en reviens pas de rencontrer une personne aussi impassible.

Je mets trente secondes à me demander s'il se moque de moi ou s'il est sérieux. Non le gentleman pense ce qu'il vient de dire, à votre place ma femme serait déjà en train de crier. Ce qui, soyons honnêtes, ferait baisser immédiatement le niveau de l'eau. Je n'ai pas le coeur de crier sur pépé. Je le regarde partir tout branlant sur sa canne. Pourvu qu'il ne tombe pas me dit Calina, elle a raison vu le niveau d'eau, il lui faudrait nager pour s'en sortir. Et les marins ne savent pas nager.

Incapable de regarder plus longtemps la démarche dangeureusement hésitante de Don César, je retourne lire mes mails. Dans le spam git un courriel du directeur de l'école de Lolo. Trois nouveaux cas de grippe porcine. Restez calme nous vous en conjurons. Ca tombe bien , je suis impassible qu'il paraît.

Pendant ce temps, la proprio pleure par Internet. Je ne suis pas la déesse de la pluie c'est dommage, je ne peux rien faire. Noter la folie des grandeurs de cette maniaque qui évoque les Dieux pour ne pas avoir à affronter ses responsabilités en terme de toit étanche. Ma journée s'éclaire, j'avais failli renoncer à mes bonnes résolutions, le fou rire me gagne...

Le secret

Samedi dernier à la fin de la semaine noire autant dire que j'étais passablement énervée. Sur le point de baisser les bras également quant au sujet du visa et de l'absurdité administrative à laquelle nous étions confrontés. Une amie franco-chilienne m'a appelée pour tenter de me faire réagir. Tu ne changeras pas le pays me dit-elle, suis les règles, montre leur que tu te bas. Olivier dans la soirée s'est assis près du feu avec moi. Que nous apporterait ce visa que nous n'avons déjà ? Dans l'absolu rien. Alors pourquoi ne pas décider de suivre leur avis ? Tu veux te battre pour quelque chose qu'ils ne veulent pas nous donner ? Non pas vraiment. Restons dans les règles du provisoire et utilisons sotre énergie sur un autre dossier.

Mes mâchoires se sont desserrées sur le champ. C'est devenu leur problème pas le mien. Idem pour l'assurance qui ne veut pas assurer l'immeuble. Personne ne veut le faire m'affirme l'agent. Désirez-vous assurer votre maison ? me demande la banque. Le contrat est signé, mais les conditions ne vont pas être bonnes me rappelle l'agent. La maison est assurée c'est forcément meilleur que rien ! Elle vient de perdre un client c'est devenu son problème.

La crèche de Maxence nous appelle, ils ont un cas de grippe porcine, surtout ne paniquez pas. Maxence va bien pour le moment il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Ouf me dit l'instit vous êtes la première mère à rester calme au téléphone. Il faut dire qu'entre temps, j'ai lu le Secret. Vous connaissez ? J'ai dévoré aussi toutes les critiques et les acccusations de sectes. Le secret ou la force de la pensée positive. Et j'ai décidé que le fait d'avoir un toit (enfin deux), des enfants en bonne santé et de la nourriture sur la table feraient de ma semaine une bonne semaine. La liste des choses à faire diminue jour après jour. Les problèmes se résolvent quand ils apparaissent, notre vie n'est pas devenue un champ de pétales de roses non plus. Simplement nous essayons de retrouver une perspective et de redonner aux événements une échelle plus juste. Et pour le moment je regarde l'eau monter autour de la maison suite aux pluies torrentielles tout en écoutant les menaces de la proprio qui refuse de régler le problème mais exige que nous payons immédiatement le loyer. Je sens que sa maison qui part en biberines va devenir son problème dans 7 petites semaines.

11/06/2009

Y'a des semaines comme ça...

Si on vous dit que le Chili c'est la Suisse de l'Amérique du Sud, retenez surtout Amérique du Sud. C'est le Far West ici comme ailleurs sur le continent. Cet après-midi, nous sommes allés vérifier l'avancement des travaux. Nous remarquons une coulée d'eau sur un mur et montons vérifier la salle de bains au-dessus. Le meuble d'évier git béant sans robinet. La fuite est récente, le vol vient d'avoir lieu avec des ouvriers tout autour. Ouvriers que je ne soupçonne pas puisque je leur avais proposé de prendre tout le matériel qui restait. Du coup, ce soir vient dormir une personne sur le chantier et, dès demain, je vais aller discuter de l'installation de l'alarme.

On va dire que c'est notre semaine noire puisque lundi le père du chef électricien est décédé. Nous voici bloqués depuis trois jours en l'attendant. J'en ai profité pour aller refaire mon papier de visa volé et apprendre qu'étant instable économiquement, mon visa définitif m'était refusé et que j'allais rester en résidence provisoire. C'est d'un comique absolu. Un an de plus pour prouver ma stabilité économique au Chili sans pouvoir ouvrir de compte en banque, sans pouvoir investir et avec un statut de "sous-client" puisque les livraisons me sont refusées. Un an d'instabilité supplémentaire pour prouver mon équilibre, il fallait être fonctionnaire pour inventer la notion. S'ils continuent sur cette lancée, je vais rester avec un visa de tourisme renouvelé tous les trois mois et basta, ma vie n'en sera pas plus compliquée !!!! Le plus drôle est que tous les quotidiens nationaux geignent en coeur de la fuite des capitaux vers le Pérou où il semblerait qu'investir soit possible. Et tous les expats travailleurs indépendants racontent les mêmes déboires avec les banques et l'administration. M'est avis qu'ils ont oublié de se concerter...

 Vivement lundi que la semaine noire se termine.

09/06/2009

Marchands de tapis

On ne négocie pas beaucoup au Chili. Le meilleur que l'on peut obtenir est un décompte mais les vendeurs préfèrent perdre une vente que de baisser leurs prix. C'est encore plus vrai dans l'immobilier. Personne ne paie le prix affiché car il est délibéremment trop élevé mais les offres faites partent de ce prix pour déduire entre 10 et 20 pour cent. Nous avions décidé de faire autrement : ne pas tenir compte du prix demandé et proposer la valeur réelle de la maison. Les agents immobiliers se sont étranglés, certains ont même refusé de transmettre nos offres aux propriétaires qui, nous l'avons appris plus tard, était prêts à les entendre. Nous avons fini par trouver un vendeur ayant besoin justement de la somme offerte et d'un agent immobilier comprenant que 2 pour cent de rien font rien. Tout le monde est content et notre entourage ouvre des yeux ronds en apprenant le deal. Comment avez-vous fait ?

Enchantés par cette première victoire, nous sommes partis à l'assaut de l'achat de matériel. Direction une grande surface de bricolage. De l'aveu du chef de rayon, ils s'étaient trompés dans leurs achats et avaient un sol de liège que personne ne souhaitait acheter. Le matériau est nouveau et les Chiliens sont en plein "effet parquets laminés". Nous lui proposons de lui acheter son stock à prix coûtant. Danse des appels à Santiago des calculatrices, des je peux, je peux pas. Nous y passons la journée profitant de l'attente pour acheter une liste à la prévert. Le vendeur Jaime qui nous accompagne est sidéré, personne ne négocie jamais ici. Vous avez dérangé le gérant pendant son repas et vous lui dites que son rabais n'est pas suffisant ! Moi même j'ai du mal à y croire. Il me regarde comme si j'étais un mélange de Lara Croft et de Calamity Jane. J'aimerais avoir un dixième de la confiance ne moi qu'il m'accorde. A l'intérieur, je serais plutôt un croisement malheureux entre un paresseux et un lapin.

Rayon des urinoirs, impertubable je me fais expliquer le montage. Le vendeur m'affirme ils sont tous installés de la même manière. Peut-être je n'en ai jamais utilisé. Il lui faut quelques secondes pour approuver. Itou au rayon isolant où je sors ma science téléchargée la veille. Jaime tombe en arrêt vous avez lu tout ça avant de venir ? Le gérant nous rappelle voulez-vous attendre le retour du chef de rayon demain pour vous décider ? Non; vous êtes le décisionnaire, décidez. Retour sous l'arbre à palabres au rayon tapis. Il est fatigué pas Olivier, la négociation c'est son sport préféré. Voyant que nous allons partir sans rien, il cède. Nous rentrons satisfaits et épuisés. Jaime est radieux. Vous êtes des clients vraiment spéciaux. Il a fait son quota du mois en une journée et il a vu Don Michel négocier. Je pense qu'ils vont afficher nos portraits à l'entrée sur la liste noire...