L'école a encore changé de directeur. Oui c'est une valse chilienne à plusieurs temps visiblement. Le nouveau est un dalton, il tire plus vite que son ombre. Son mantra : la participation des parents. Il nous la vend à toutes les sauces. Il semblerait que nous soyons le futur souriant de notre chère (très chère progéniture). Nous voici donc convoqués à tout bout de champ pour des activités participatives. Et je ne crois pas si bien dire l'école est à 10 minutes à pied de tout transport collectif et je suis la seule à ne pas posséder mon propre 4x4 blanc et flambant neuf. cC sont surtout les samedis matins qui plaisent à notre directeur. Nettoyer la plage, faire du volley, écouter des psy, de la flûte traversière....
Evidemment mon côté asocial réagit très vivement. Souvenir du lycée militaire : ne jamais être volontaire pour rien, toute question est un piège. Mais mon Eloïse est si heureuse que nous soyons avec elle. Elle oublie doucement son chagrin lusitanien. Elle est chilienne désormais et ses parents, elle aime les exhiber surtout aux activités le samedi matin. Alors faisant fi de toute méfiance, nous nous planquons à la cafétéria et nous applaudissons les autres parents qui jouent au volley (discrètement; il ne manquerait qu'ils nous enrôlent). Et nous allons aux petits déjeûners du directeur. Nouvelle institution pour nous permettre de communiquer.
Qu'est-ce qu'on communique dans cette école ! Une heure avec lui rien que pour nous. Nous avons le droit de poser toutes les questions qui nous passent par la tête. Certains s'en donneront à coeur joie. J'ai la sensation d'être de retour à l'école brutalement. Les mêmes fayots, les mêmes leaders, les mêmes questions débiles et un thème propre au Chili qui animera la discussion en entier : l'autonomie des enfants. On nous demande de ne plus faire les lacets des enfants au collège, de cesser de leur amener leurs affaires en pleine journée, de les laisser se laver seuls. Il ne s'agit pas d'une plaisanterie. Les mères chiliennes ont du mal à laisser sortir les poussins du nid. Je raconte la réunion à Calina qui rougit d'un coup. C'est vrai que nous sommes un peu possessives mais depuis que je travaille ici je pousse mon fils à se débrouiller davantage, j'aimerais qu'il cesse de prendre froid. Je lève un sourcil interrogateur. Oui, quand il a froid il m'appelle, si je ne suis pas là il attend mon retour. Et quand il a faim il vous appelle aussi ? Je l'ai dit en souriant. Elle répond très sérieusement. Bien sûr, et il appellera jusqu'à ce qu'il soit comblé; je ne peux quand même pas le laisser crier ainsi; que feriez-vous à la place ? Je suis appuyée sur le frigo, entre Maxence qui a une petite faim. Fermement il me pousse, me sourit, attrape un yaourt, une petite cuillère et commence à le manger. Oui, je sais ce que vous feriez à ma place.
Elle est consciente que ce n''est pas sain, comme les autres mères à la réunion mais il semble que ce soit plus fort qu'elles. M'est avis que nous allons avoir besoin d'un grand nombre de cessions pour résoudre ce "détail" culturel...

B'jour!
Rhooo, je craque pour cette photo, l'angle de la prise, la tête du Maxou, ces grands yeux amusés, sûrs de leur capacité à attendrir et ce pincement de lèvres qui en dit long sur son potentiel de canaillerie je trouve.
Et les petits doigts qui émergent sur le bureau....
Rédigé par: Yuna | 08/09/2008 at 04:53
Le problème est le même sur tout le sud du continent :). Les Argentines sont aussi terrrriblement mères poules.
Et ils adorent les réunions de parents, les fêtes de début, milieux, fin d'année, pour le jour des enfants, pour la san Martin, pour la fête du drapeau etc. etc. etc.
Rédigé par: Dul | 08/09/2008 at 08:31
Je me marre en lisant ton billet parce qu'au Mexique c'est pareil...
Ca doit faire partie de la culture latino-americaine!
Rédigé par: E. | 08/09/2008 at 12:36