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02/07/2008

Machiavela

Au Chili on dit semblables comme des gouttes d'eau, enfin on le dit en Espagnol mais il n'a jamais été question de faire un blogue bilingue. C'est bien notre chance, dans la même pièce de théâtre il y a trois gouttes d'eau, l'instit nous a donc demandé de nous rencontrer entre mères responsables  pour mettre au point un costume identique mais le plus simple possible. Me croirez-vous si je vous dit qu'il nous a fallu au moins quatre rencontres et une bonne dizaine d'appels pour que les deux autres tombent d'accord ?

Pourquoi tant de bruit ? Une sombre histoire de pouvoirs chacune des deux voulant prendre l'ascendant sur l'autre. Et moi ? J'ai joué le rôle parfaitement désagréable du fusible annonçant dès le départ que je me mettrai de tout mon coeur du côté du vainqueur. Comme ça sans rire. Elles m'ont crue et se sont mises en quatre pour me convaincre. Mon costume était prêt ce soir cousu par de blanches et généreuses mains. Et je n'ai rien eu à faire. Oui je sais c'est parfaitement immoral mais je ne savais pas en faisant des enfants que je devrais en plus de savoir faire des pansements, la cuisine, le clown, la mère fouettarde, repasser, vaguement le ménage, jongler, nettoyer la cage du hamster (et je suis sûre que j'en oublie); je ne soupçonnais pas donc qu'il me faudrait impérativement coudre des kilomètres de tissu pour les besoins obscures de pièces de théâtre plus ou moins intelligibles. Et ça vraiment si j'avais su j'aurions pas venu...

On dit aussi tel père tel fils non ? (c) SB

 

Commentaires

on veut au moins voir à quoi ressemble une goutte d'eau avec une petite fille dedans... ça doit être plutôt original!

Alors là, dites du mal des mères des autres gouttes d'eau tant que vous voulez, mais pas du théâtre scolaire :-)

J'ai fini ma carrière de prof en animant un atelier-théâtre. Sur cinq ans, une centaine d'acteurs. Taux d'échec : 5%. Les autres, tous les autres, des plus doués aux plus nuls au départ, se sont étonnés, m'ont étonné, ont étonné leurs parents, leurs profs, leurs copains-pines. On montait la pièce, on la jouait d'abord à l'école, puis dans d'autres écoles, et même dans des festivals (oui, bon, deux). Beaucoup de travail totalement accepté par les mômes, avec une implication grandissante au fil du projet. Et beaucoup de bonheur...

(Avant de vouloir cuire N°2 sur de la braise, attendez qu'il grossisse ?)

Pas de doute que c'est du bonheur pour les mômes mais pour les parents costumiers....

Pour le cochon à la braise nous prenons notre temps nous avons fait même installer une porte devant la cheminée tant il a l'air pressé de rôtir...

C'est pour ça que le poste costume était des plus réduits. La participation des parents se bornait au transport des acteurs à tour de rôle.

Comme ils voyaient leurs enfants jouer, progresser en assurance et en rigueur, être heureux grâce au travail (je n'ai jamais dissocié les deux avec eux), on n'a jamais manqué de chauffeurs !

(Chaque enfant jouait, seul, une phrase, plus ou moins longue mais travaillée mot après mot, geste après geste, regard après regard. Ex : un garçon arrive, balaie lentement la foule d'un œil désabusé, et lance : "... C'est pas pour dire... mais... ça manque un peu d'nanas canon, ici !". Version fille : "...ça manque un peu d'beaux mecs, ici !"

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