L'esprit de famille tu n'as pas....
Vous allez sans doute trouver qu'ils nous manquent quelques neurones paternalistes mais nous avons des projets pour l'Après. Quand enfin le nid redeviendra vide et silencieux. Nous rêvons avec Olivier de procéder à des échanges de maisons et de partir plusieurs mois d'affilée vers des destinations exotiques. Retrouver le plaisir de voyager sans nous soucier des malles, des conteneurs et autres joyeusetés. Nous retrouver sans doute aussi. J'ose à peine en parler tant nos envies sont différentes de ce que nous observons ici.
Tous nos amis autour de nous ont des enfants plus âgés, souvent adultes qui vivent chez eux. Et j'observe incrédule mes amies qui refusent de sortir parce que leurs fils aînés de 25 ans et plus dorment chez elles ce soir et "il faut qu'ils mangent quelque chose de sain dans la semaine". Je ne commente jamais mais j'apprends sans surprise que lesdits enfants ont passé la soirée au téléphone ou enfermés dans leur chambre. Soyons honnêtes elles-mêmes au même âge n'auraient pas qualifié une soirée en tête-à-tête avec leurs parents comme une partie de plaisir et je ne saisis pas bien quelle est la nouveauté. Tu ne peux pas comprendre me disent-elles tu n'as pas l'esprit de famille. C'est certainement très juste. Je n'ai pas l'esprit de famille.
Du coup, un peu méfiante, je prépare le terrain avec ma fille. Alors qu'elle me parlait de ne plus jamais manger de ma soupe, je lui faisais remarquer qu'elle sera autorisée à consommer ce qu'elle voudra dans sa cuisine. Temps d'arrêt de ma fille. "Je ne sais pas". Là, j'ai comme un frisson d'angoisse. Tu ne sais pas quoi ? C'est compliqué d'avoir sa cuisine ? Je suis partagée entre l'envie de lui dire la vérité et l'importance de ne pas la décourager. Ca dépend des fois (vous noterez la Normande atavique). Ce serait plus simple que je continue de vivre avec toi et que j'aille au restaurant quand tu fais de la soupe non ? Ne pas perdre mes moyens, ne pas paniquer. Oui mais c'est le cours logique de la vie quitter un jour ses parents. On verra répond-elle songeuse. Je commence à me dire que mon voyage au Japon va être repoussé aux calendes grecques. Serait-ce une espèce de punition divine du genre l'esprit de famille tu n'as pas, enfants pot de colle tu auras ?

je t'approuve. J'ai 3 grands enfants : 30, 25 et 22 ans. Je les adore, ils le savent. Mais ils savent aussi, que ma vie n'est pas la leur et que leur vie n'est pas la mienne. Une fois envolés, je largue les amarres, ils savent qu'en cas de coups de vents, ils peuvent rentrer au port. Mais leur vie est ailleurs. Comme ça, le jour où viendra la grande séparation provisoire, ce sera plus facile... J'ai des copines qui pensent comme les tiennes. En général, elles ont oublié d'être des femmes, elles se planquent derrière leurs mômes pour avoir l'impression de servir à quelque chose, alors que leur propres mômes ne leur en sont même pas redevables. Je les plains pas. C'est leur problème. Nous, on a réglé le problème. Les potes qui peuvent pas se passer de leurs petits-enfants et qui tentent de venir chez nous avec eux pour une soirée, on leur dit NON, je traînais déjà pas mes propres mômes, c'est pas pour être emmerdée par leurs gniards. Du coup, ils viennent plus. Tant pis pour eux, tant mieux pour nous.
Rédigé par: ciboulette100 | 29/04/2008 at 17:18
(ah Sophie, tu me fais rire ! merci! Ton manque absolu de lyrisme sur le sujet de la parentitude est si frais !)
Et cette Eloïse est une vraie star, quelle pose sur la photo... elle est très dégourdie, son idée de rester chez ses parents et d'aller au restaurant est fameuse.
Rédigé par: samantdi | 29/04/2008 at 17:25
Pour une fois la Lolo ne posait pas, je l'ai prise en douce au zoom cette photo ! Oui elle est maline mais nous aussi on va bien trouver un moyen de la pousser hors du nid...
Rédigé par: sophie | 29/04/2008 at 17:56
Tu sais la mienne me disait la même chose, et dès ses dix huit ans elle a pris son envol ravie et moi aussi (mauvaise mère m'a-t-on dit, tu ne pleures pas son absence :))
Mon fils fera de même (s'il le faut je l'aiderai) Là il est parti juste trois jours, mais nous savourons ! Et dieu sait que nous adorons nos enfants.
Rédigé par: Valérie de haute Savoie | 30/04/2008 at 01:12
hé hé ça me fait du bien à moi aussi de lire ça.. gros bisous !
Rédigé par: Christie | 30/04/2008 at 04:15
A mon avis, là où ça coince, c'est juste qu'elle est encore un peu jeune pour envisager sans angoisse le concept "ne plus vivre avec ma maman à moi que j'ai".... Mais ça m'étonnerait bien qu'elle se cramponne à tes jupes quand elle aura l'âge de partir...
Rédigé par: PrincessH | 30/04/2008 at 04:55
Ah ah ah, sacrée gamine!
As-tu pensé qu'elle fera peut-être elle, le papillon? Tu sais à rester chez vous, à vous squatter la maison comme un hôtel, le temps de deux-trois lessives entre deux voyages lointains.....Ca pourrait être sa solution à elle, assez futée et marrante pour y penser on dirait, et rapidement :-)
Pas de tête à têtes hebdomadaires avec vous, juste de temps en temps, après des mois de disparition loin de vous....Comment lui fermer la porte au nez?
Rholalala, je crois que les enfants sont plein de ressources dirait-on, avec un instinct de survie bien développé :-))
Rédigé par: Yuna | 30/04/2008 at 06:14
trop facile.
Il faut la perdre dans la forêt en vérifiant qu'elle ne sème pas des petits cailloux.
Non?
Rédigé par: andrem | 30/04/2008 at 06:34
Bon, je te lis en silence depuis très très longtemps, mais je te nais à te rassurer. Quand j'étais petite, j'avais dit à ma mère : "quand les voisins seront morts, j'acheterai la maison pour habiter tout le temps à coté de vous"...
Mais depuis, j'ai changé, et suis très contente que mes parents et beaux parents n'habitent pas dans la même ville que moi, même si je les aime beaucoup !!
Donc rassure toi, elle a le temps de grandir, encore !
Rédigé par: Kisu | 30/04/2008 at 06:39
c'est très libérateur des parents qui vous font comprendre qu'il faudra s'en aller, qu'ils ont envie aussi de vivre leur vie.J'ai été élevé ainsi et j'en suis heureuse. Tant de mes connaissances trainent une culpabilité de laisser leur parents , de ne pas être assez présents auprès d'eux ..etc...Je persiste à penser qu'on ne "doit" rien à ses parents
Rédigé par: hélène | 30/04/2008 at 08:26
Zauriez pas couvé sans le savoir/vouloir un Tanguy femelle ?
Je rejoins Samantdi sur le sain démontage du lyrisme de la parentitude. Quand le cordon ombilical est bien coupé, nos enfants ne nous en aiment que mieux.
Pour autant, je ne rejoindrai pas Ciboulette. "Trainer nos mômes", nous l'avons fait et ni eux ni nous ne l'ont regretté. Mais c'était à une époque où les rapports entre gens différents étaient moins difficiles que maintenant.
Je n'ai rien sacrifié de mes envies à mes enfants, mais leur mère a privilégié sa carrière. Il y a quelques années, un des plus terribles chagrins de ma fille fut d'avoir revu sa chambre d'enfant, avec les graffitis au crayon sur les murs où elle disait son manque de mère les soirs où elle devait s'endormir seule.
Elle le paie, et cher : si ma fille lui a pardonné, pas mon fils, qui ne veut plus la voir.
PS Bien , la photo-pas-posée.
Rédigé par: PMB | 30/04/2008 at 08:29