Je crois l'avoir déjà écrit, la plaie du Chili c'est le crédit. Chaque grand magasin fait office de banque et permet d'acheter à peu près n'importe quoi en plusieurs fois. Je crois que le crédit court jusqu'à deux ans. Je ne jette pas la pierre à ceux qui utilisent ces facilités loin de là. Il faut bien reconnaître que vivre sans frigo ou cuisinière complique fortement les choses et qu'il est normal que les gens s'équipent.
Le problème naît du de l'engrenage que ces crédits constituent. Tous les mois, les cartes de crédit vident les comptes en banque à peine les salaires reçus. Il reste donc très peu d'argent discrétionnaire aux ménages. Certains prennent le problème à bras le corps, remboursent tout et jettent les cartes. D'autres continuent la course en avant et paient les cadeaux de Noêl jusqu'en août. J'ai l'impression d'observer des hamsters dans des roues et je croise les doigts chaque fois que nous abordons le sujet pour qu'il ne leur arrive rien dans les mois à venir. Hier dans l'interminable queue pour payer les factures au supermarché, un petit pépé consommateur repenti expliquait à sa voisine pourquoi il avait arrêté toutes ses cartes. Il est plus âgé que son épouse et ne voulait pas mourir en lui laissant des dettes. Il paie tout comptant comme si c'était la dernière fois. je l'ai trouvé lucide et terriblement joyeux, il était soulagé.
Et je le suis aussi de ne pas avoir accès à ce paradis empoisonné. Les étrangers n'ont pas le droit de s'endetter. Il nous faut la résidence définitive. C'est une excellente chose.
Ah oui c'est une bonne chose, pas de tentation. Et vous aussi vous serez joyeux comme le vieux monsieur du supermarker !
C'est terrible mais en France aussi on peut vivre ainsi, et s'endetter pour Noël, les vacances...
Rédigé par: Fauvette | 04/03/2008 at 19:18