Vous vous demandez ce que je fais de tout ce temps entre les lignes ? Vous faites bien, je me pose les mêmes questions. Déjà je travaille quelques heures par jour avec Olivier. Non ce n'est pas trop dur, nous ne nous parlons pas durant ce temps et je fais des choses qui n'influent pas sur son travail. C'est obscur ? Oui c'est volontaire, je n'en dirai pas plus. Ensuite, je vais voir mon amie Loreto pour régler le dossier pour l'avocat, reçoit le comptable ou prend des photos d'appartements à vendre. Il me reste, bien sûr, beaucoup d'énergie pour observer le travail du maestro, donner mon avis sur ses devis ou apprendre des nouveaux mots en Espagnol qui me serviront sans doute si j'entreprends une nouvelle carrière tardive de serrurière. Je transporte aussi des mégatonnes de trucs depuis le supermarché à un kilomètre de la maison, toujours au dernier moment et toujours plus chargée que les statistiques humaines ne le permettent. J'ai du être fourmi dans une vie antérieure. (Ce qui expliquerait d'ailleurs ma phobie des groupes).
Viennent, au milieu de ce joyeux chaos, les enfants qui ont toujours des requêtes compliquées impliquant ma participation enthousiaste si possible en plein milieu d'une conversation téléphonique. Entre deux assauts de cris, j'en profite pour lire les blogs, alimenter notre blog privé sur les nouvelles technologies en matière de constructions, lire les annonces immobilières, nourrir Scifan qui croît de jour en jour et dont la faim paraît sans fin (je sais on dit inextinguible, j'avais la flemme de vérifier l'orthographe). Je fais des jus de fruits frais et ... plante des fleurs. Rempoter serait le terme le plus approprié. Nous avons décidé de transformer notre salon en jungle non humide, ce qui en soi est un pari. J'écris parfois quand l'intuition me vient. Je crie souvent, fais sauter les grenouilles dans le seau, super compliqué ce jeu. J'ai failli oublier les doudous, nous en avons deux désormais, très retors qui passent leurs journées à se laisser abandonner dans des endroits impossibles et qu'il faut toujours chercher compulsivement au moment du coucher. Autant Eloïse a compris la technique et cherche réellement, autant Maxence perd tous ses moyens et erre dans les pièces en répétant à l'infini doudoudoudoudou, ce qui rend fous sans exception les chercheurs. Je prends des photos aussi que vous ne verrez jamais pour envoyer à la famille qui ne me dit jamais si elle les reçoit.
Et enfin, je ronge mon frein devant tous les projets que j'ai et qui n'avancent pas, ceux qui ne verront jamais le jour et tout ce qui me reste à faire (comme ces foutues cartes de voeux). Il nous reste un peu de temps pour aller marcher avec Olivier dans le programme strict de remise en forme que nous avons établi. Programme qui connaît quelques périodes de surchauffe en raison des trop nombreux restaurants dans la ville. Tous les soirs me vient la même culpabilité d'avoir laissé filer le temps et le même plaisir d'avoir encore passé une bonne journée.


J'ai l'impression que bon an mal an ça vous réussit bien le Chili. Elle me plait beaucoup ta glace (et ta photo dans la glace..)
Rédigé par: Christie | 21/02/2008 at 02:26
Ne vous excusez pas d'avoir sucré "inextinguible".
Je dis avec un intérêt non feint que l'assonance de "la faim paraît sans fin" vous va au teint ;-)
Rédigé par: PMB | 21/02/2008 at 07:34
moi aussi je la trouve très jolie la photo devant/dans/de la glace. d'autant plus qu'elle permet de te revoir, ce qui est assez rare.
pour le reste, je lis, je regarde, je grapille, je glane des infos... Comment-on organise sa vie quand on n'a ni patron ni horaire imposé arbitrairement. comment on gère son temps pour mettre en harmonie le travail la famille et les loisirs. comment on n'oublie pas d'avoir des envies et des projets.
Pas de panique, tu n'est évidemment pas un modèle absolu... mais pour être vraiment honnête, j'espère réussir à tout concilier aussi bien que vous dans ma nouvelle vie qui commence !
Rédigé par: agnès | 21/02/2008 at 11:27
Moi je trouve parfait ton (non-)programme et en plus il a l'air de bien te reussir!
Rédigé par: E. | 21/02/2008 at 12:45
Je reprends tes mots: "Tous les soirs me vient la même culpabilité d'avoir laissé filer le temps....
Un peu comme toi lorsque je me couche le soir je révise ma journée et je me culpabilise de n'avoir pas assez performé. Je me suis laissée entraîner dans une lecture d'Eckhart Tolle: A New Earth, Awakening to Your Life's Purpose. Il a aussi déjà écrit The Power of Now dont j'ai aussi l'intention de lire. Il propose une nouvelle façon de vivre: celle de vivre dans le moment présent car c'est le seul moment qui compte et qui peut nous rendre heureux. Souvent le passé peut nous accabler avec des mauvais souvenirs et le futur peut nous rendre anxieux. C'est un peu vivre comme le font les petits qui semblent si sereins. Je vais essayer de tenter de vivre un peu plus dans le moment présent pour voir si cela peut réduire mes moments de panique et de dépression qui viennent me visiter à l'improviste. Je suis toujours en attente pour voir si on aura la chance de visiter le Chili. Tes photos des couchers de soleil sont d'une telle beauté. Merci!
Rédigé par: Anne-Marie | 21/02/2008 at 15:52
tu oublies le passage où tu es au téléphone avec ta soeur qui te raconte en pouffant sa semaine maudite....
Rédigé par: flo | 21/02/2008 at 18:37
Ca a l'air de marcher ce programme de remise en forme et de bonheur quotidien familial, tu as l'air en forme et toute bronzee sur cet autoportrait!
Rédigé par: Froguette | 24/02/2008 at 23:44