Encore une Saint Valentin de passée. J'ai froid dans le dos quand j'y pense. Tous les restaurants avaient leurs soirées spéciales à trois fois le prix. Et toutes les femmes croisées se soir là se baladaient énamourées avec une rose dans la main.
Heureusement les enfants sont en vacances pas de cartes à fournir, ni de cadeaux, ni de fausses démonstrations d'amour embarrasssantes. Eloïse, tristounette, a passé le Week-end à se souvenir de son amoureux du Portugal puis par résonnance du Portugal puis de sa famille en France. Elle a décrété que c'était le jour de l'amour de la famille et qu'elle pouvait aimer son frère, faute de mieux. Je croyais que nous avions surmonté toute sa nostalgie de l'Europe, il y a encore un peu de chemin à faire. La rentrée des classes dans deux semaines devrait suffisamment l'occuper jusqu'à la visite de son grand-père en avril.
Maxence, lui, accepte les démonstrations d'amour quel qu'en soit l'auteur. Il tend ses joues rebondies à la moindre proposition de baiser et prend les plantes dans ses bras. Il a enfin la force d'ouvrir les placards et le frigo et se sert en pommes ou en citrons à la moindre petite faim ( ce qui est un phénomène bien plus fréquent que ses formes rebondies pourraient le suggérer). Il a rajouté un seul mot à son vocabulaire en un mois : hola. Nous en avons pris notre parti et l'écoutons gazouiller dans sa langue ocolatique avec beaucoup de plaisir.
Pour rester dans le ton, nous sommes sortis samedi soir en "nonanniversaire" surprise de notre vie ici. C'était le jour idéal, les clients se remettaient de leurs agapes de la veille, les restaurants étaient vides et le soleil, comme tous les soirs, fidèle au rendez-vous.


"Je croyais que nous avions surmonté toute sa nostalgie de l'Europe, il y a encore un peu de chemin à faire"
Je ne suis pas étonné que cela perdure. Quand je faisais travailler mes élèves sur des deuils difficiles, les déménagements arrivaient presque en tête.
Mes plus "déménageurs" étaient les enfants de gendarmes mobiles, comme leur nom l'indique appelés à changer souvent de résidence. Ça pouvait conduire les les plus fragiles à refuser un nouvel attachement dans la perspective d'avoir tôt ou tard à le perdre.
Le vôtre n'étant pas le premier, étant à chaque fois d'importance, est encore plus dur à digérer.
Mais j'aurais bien garde de vous reprocher ce choix du semi-nomadisme. Et c'est aux parents à décider de la vie qu'ils veulent mener, pas aux enfants.
Nous vivions au fin fond de la campagne. Notre fils, un jour à huit ans, nous dit qu'il rêvait d'habiter un mobil-home en bord d'autoroute. Message clair, non ? Eh bien maintenant il nous remmercie de la vie calme, loin du lotissement où ses copains allaient faire des bêtises chez les uns chez les autres à tour de rôle. Alors...
Alors, s'il vous plaît, vivez ce que vous voulez vivre, mais en acceptant que ce ne soit pas toujours facile pour un enfant qui apprend, parfois durement, qu'une vie se bâtit (et bien) aussi bien sur des gains que sur des pertes. Et en lui faisant savoir que ça ne vous est pas indifférent.
PS 1 Et si je vous ai déjà dit ça, c'est à mettre sur le compte de Mr Al Zheimer ;-)
PS2 Je me relis et je trouve que ça fait un peu sermon tout ça. Bah, vous en ferez bien ce que vous voulez !
Rédigé par: PMB | 18/02/2008 at 17:18
Aux semi nomades ocolatiques?
Désolé Sophie, je n'ai pas trouvé le sens de ce mot.
Help!
Toujours autant de plaisir à lire ton blog.
Rédigé par: dominique | 19/02/2008 at 16:49
Max possède trois syllabes ocola qui signifient chocolat et qu'il combine au gré de ses humeurs....
Rédigé par: sophie | 19/02/2008 at 18:49