La patate chaude
Vous doutez de me croire ? Rien de surprenant, j'ai douté de mes pensées toutes ces années. J'aurais pu renoncer à comprendre, laisser cette affaire derrière moi mais il a fallu que je creuse. Que je mette du sel sur la plaie encore et encore. Et tous ces amis qui refusaient d'entendre. Il n'y a pas de fumée sans feu disaient-ils, j'étais complice. Certes. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Et quelle vie, je pouvais me promettre sans tous ces rêves éveillés? Celle dont je ne voulais pas, la raisonnable.
Ca ressemble à un roman, du mauvais Rastignac, mais en creusant bien, nous savons tous que c'est vrai. N'avez-vous pas autour de vous l'éternelle victime? La personne qui arrive tous les jours en retard avec une bonne excuse. Celle qui est tellement poisseuse que vous n'osez pas prononcer le mot chance devant elle. Les instituteurs connaissent bien les chiens mangeurs de copies, les pannes d'électricité. Globalement nous sommes bien élevés, nous ne méprisons pas les faibles, nous prenons fait et cause pour eux, nous les plaignons et, (petit) problème après (petit) problème, nous commençons à sentir l'agacement monter. Pourquoi ne se prennent-ils pas en main? Alors, comme dans le jeu du pouilleux, on refile discrètement la carte poisseuse à une autre bonne âme qui ne manquera pas de s'émouvoir. Craignant toujours au passge, de faire du tort à une personne qui a vraiment besoin d'aide, et de ne plus savoir par cynisme faire la distinction entre hystérie et appel à l'aide. Avec horreur, je me suis vue dans ce rôle, geignant sur une situation que j'avais favorisée sans aucune autre bonne excuse que ma propre faiblesse.
J'ai donc refilé le menteur à nos amis communs, je les laisse s'épancher sur leurs années d'amitié et sur ma noirceur d'âme. J'ai repris pied dans un monde réel qui ne s'est pas avéré décevant au contraire, juste plus contraignant.
et bin tu es dans ta phase remise en cause...des fois cela fait du bien...car en plus tu as l,air d,en sortir plus legere..non?
Rédigé par: rachel | 29/10/2007 at 22:10
Oh je te crois, à 200%. J'ai connu trop de gens victimes de ces menteurs professionnels qui arrivent à faire passer leurs victimes pour des bourreaux. Mon père est de ceux là. Moi, qui n'était dupe d'aucun de ces contes, je trouvais sa manière de réécrire l'histoire absolument fascinante. Mais j'étais bien placée pour savoir faire la part des choses. Ça a été amusant, jusqu'à ce que cela devienne dramatique.
Rédigé par: Akynou | 30/10/2007 at 07:37
cette fois, en te lisant, je pense à quelqu'un d'autre. Une amie malchanceuse, qui ne m'a pas emporté avec elle parce que j'étais devenue distante et que je me suis méfiée; mais dix ans avant, cela aurait été possible.
je me suis fait le réflexion, dans ma vie, que je ne pouvais pas résister aux personnes "malheureuses" qui avaient besoin d'aide. En fait, j'y résiste, maintenant, au point mêmede me sentir raide et méchante. Mais je me suis rendue compte que s'il y a en ces personnes une capacité à absorber l'autre, il y avait chez moi une tendance vicieuse à vouloir aider l'autre pour me sentir gentille. Je ne sais si c'est la même chose pour toi, mais il est évident que la part d'obscurité qui est en chacun de nous ne nous avantage pas toujours. En tout cas, merci de tes textes car tu m'as amené à réfléchir sur un sujet, innattendu, et j'ai compris des trucs sur moi, dont j'avais bien besoin.
Rédigé par: antagonisme | 30/10/2007 at 14:50