La fin de l'amour. C'est le moment que je redoute le plus, celui très douloureux où une blague ne fait plus rire, où ce détail qui nous émeuvait tant nous agace, où les odeurs deviennent gênantes plus que familières. J'ai gardé en mémoire la ligne précise des événements. Ces matins où je me suis dit, il faut que cela cesse vite avant que je ne devienne folle et lui aussi. Je regrette toute cette violence, la froideur des silences pour pousser l'autre à la faute, lui donner envie de s'en aller, lui "simplifier" l'épreuve. Et tous ces mensonges, ce n'est pas toi qui est en cause, c'est moi. Bien sûr que c'était toi, rien à faire, je ne pouvais plus, je sentais l'air me manquer, il fallait que j'aille loin, là où tu n'étais pas.
Je garde le malaise physique des faux serments, des "nous resterons amis" comme si l'amitié était le degré inférieur de l'amour. Nous n'avons pas su nous garder, nous ne saurons pas nous parler. Et la peur de lire cela un jour dans les yeux d'Olivier, comme un miroir de mes propres lâchetés. Je sais désormais que tout se construit ou se détruit sur de simples actes. Que les paroles blessantes ne se retirent pas, qu'elles s'impriment en lettres de feu dans notre inconscient pour blesser davantage plus tard. Et j'essaie tous les jours de dire que j'aime.

Superbe déclaration... :-) Oui , les paroles , les mots sont si importants... Comme toi, je sais cela si fragile, et jamais acquis une fois pour toute... C'est "drôle", finalement, le mariage aura eu du sens , en fin de compte , non ?
Bises, après ce touchant billet.
Rédigé par : avanaé | 13/11/2006 à 11:57
"Pousser l'autre à la faute", cela je le connais. Et la colère la douleur, le mépris, la pitié, tout cela enmêlé parce qu'il ne veut pas comprendre.
Et le harcèlement moral qui dure des années pour vous faire regretter ou payer le désamour...comme si on choisissait...
Rédigé par : Soeur Anne | 14/11/2006 à 06:32
On ne peut parler que vécu dans tes mots..
le plus touchant à lire :les paroles s'impriment en letttre de feu.." whaou c'est fort et c'est tellement vrai.
Et d'ailleurs dans toute relation.
TRES TOUCHANT TON POST.. BISES
Rédigé par : Be@ | 14/11/2006 à 08:33
encore une fois : dans le mille !
"la froideur des silences pour pousser l'autre à la faute, lui donner envie de s'en aller, lui "simplifier" l'épreuve. Et tous ces mensonges, ce n'est pas toi qui est en cause, c'est moi."
quelle juste analyse, j'ai l'impression d'etre sur la meme longueur d'onde comme bcp d'autres je présume.
et si seulement nos experiences etaient utiles, souvent l'Homme (avec un H) a une bien petite mémoire, en effet quand on est dans l'amour avec un grand A on imagine jamais la fin de cet amour . On s'imagine vieillir ensemble et il arrive qu'on se trompe a nouveau (mon père s'est marié 5 fois, ma mère 3, ça laisse des marques)
Rédigé par : caro(rocarossi) | 14/11/2006 à 09:31
Oui l'amour ne dure que si l'on en prend soin, si les actes ou les paroles n'ont pas blessé irrémediablement.Sinon c'est la chute, vertigineuse, et là plus rien n'y fait, c'est étonnant, le désamour, ça n'est pas "guérissable".
Vigilance.Tendresse soutenue.
Un beau programme ! (dire, aussi)
Rédigé par : Vic | 14/11/2006 à 11:24
Beau point de vue de quelqu'un qui, on le devine, a su quitter (à temps).
Pour moi non plus l'amitié n'est pas un degré moindre de l'amour. Du moins n'était.
"Bien sûr que c'était toi, rien à faire, je ne pouvais plus, je sentais l'air me manquer, il fallait que j'aille loin, là où tu n'étais pas" : je comprends ça. En même temps c'est si dur pour celui qui ne le ressentait pas et continuait à se sentir si proche et si bien ainsi. Se retrouve seul(e) et sans secours (car généralement c'est quand on va déjà mal et qu'on aurait besoin d'appuis qu'on devient tristes et que les autres s'enfuient)
Rédigé par : gilda | 15/11/2006 à 09:50
Bonjour Sophie.
Le mariage vous sied à ravir. On peut longtemps gloser sur le pourquoi du comment du mariage, et tout ce qu'il véhicule de clichés, d'obligations, de Feydozeries galopantes, sans parler des mariages d'affaires décidés par d'autres.
Il est devenu ce qu'il doit être: une proclamation à la face du monde d'un amour et d'une volonté de le grandir, de le renforcer, de l'éterniser, une volonté commune.
Rien d'autre. Votre billet mélancolique montre bien que vous l'avez bien voulu ainsi. Il y a toujours, face à un si vaste engagement, un moment de doute, caché parfois derrière un mauvais souvenir, mais tout le monde sait et vous la première que ce n'est pas le souvenir qui est douloureux, mais la crainte face à cet affolant projet déraisonnable et vital, parce que vital, et désormais proclamé.
Il est nécessaire, ce doute, il va vous accompagner tout le temps que durera ce qu'il doit durer, l'éternité au moins.
Tant que sa morsure viendra vous réveiller tard dans la nuit, ou à tout autre moment mal choisi, c'est toujours aux moments mal choisis qu'il mord, le doute sournois, tant qu'il faudra vaincre cette douleur, alors le projet restera en bonne compagnie.
Le pire serait de cesser de douter.
Rédigé par : andrem | 16/11/2006 à 08:01