
J'ai failli passé du côté osbcur de l'anti-écologie à cause de cet affreux bonhomme bleu mascotte de la trop fameuse campagne chasse au gaspi de mon enfance. Les autocollants débiles nous poursuivaient partout jusque dans les toilettes : vite se laver les mains pour ne pas gaspiller l'eau. Avec la savon jaune qui puait et ne moussait jamais autant nous encourager à ne rien faire et à semer joyeusement nos microbes autour de nous pour aggraver le "déjà-naissant" trou de la sécu. Et puis à la même époque l'instit s'était mis en tête de récupérer le papier et le vendre au poids nous transformant en mules du Pape. Brèfles c'était mal barré et ça s'est aggravé au Lycée Militaire où le génie des alpages qui avait fait les plans avait doté l'internat féminin d'un cumulus de 20 litres tout mouillés qui nous a obligées à prendre des douches froides pendant 3 ans. A l'époque rien qu'à l'évocation des mot économies d'énergie, j'avais des envies de meurtres.
Je me croyais débarrassée de ce type de fadaises jusqu'aux premiers jours de cohabitation avec mon futur mari et ses poubelles de tri sélectif. Olivier était de bonne volonté mais il a une nette tendance à considérer le tri sélectif avec une ferveur religieuse quand je serais plus innovative sur le sujet. J'avais donc tous les matins à la revue du contenu des poubelles avec des questions aussi pertinentes que "qui a mis cette bouteille dans le conteneur du métal ?" vu la surpopulation du deux pièces et la ferveur dévote de celui qui posait la question, le chat me paraissait être le seul coupable valide. J'admets que mon esprit d'opposition couplé à un sens de l'humour de potache m'ont poussée plusieurs fois à faire exprès de confondre les contenants et les contenus, rien que pour le plaisir de la séance d'autoaccusation matinale (y'a prescription).
Rien ne me poussait donc vraiment à m'intéresser au sujet, et encore moins à tenter de mettre en place des pratiques efficaces dans la maison. Rien sauf le sentiment grandissant que nous nous trouvons devant une époque charnière où il est temps de prendre en mains nos destins et une haine croissante des systèmes en place. Vivre dans un pays du second monde n'a pas allégé ce sentiment dans la mesure où l'eau et l'électricité que nous prenons pour acquises en Europe viennent régulièrement à manquer et sont vendues au prix du caviar blanc. Après avoir vraiment décimé la facture de chauffage grâce à la cheminée et à l'isolation, nous nous confrontons désormais au problème de l'eau et à celui de l'électricité dont nous ne pouvons absolument pas nous passer en travaillant sur Internet. Et j'ai l'impression curieuse d'être prise pour une imbécile par les installateurs locaux d'énergies alternatives. Comme si je ne pouvais pas faire autrement que d'avancer vingt ans de consommation électrique pour installer mon propre système. Dans un pays où le suivi est quasi inexistant rembourser en 20 ans un matériel garanti dans le meilleur des cas 5 ans me paraît suicidaire. Même si parfois il faut savoir investir pour économiser, en général la meilleure façon de commencer est de dépenser moins il me semble. Le solaire dont tout le monde parle est d'emblée hors sujet : le sel marin bouffe tout et le matériel ne résisterait pas quelques années sur nos toits. Par contre, l'éolien est plus pausible nous avons toujours du vent. Il nous faut un appareil résistant réservé aux bateaux.
Un de nos amis a contracté un ingénieur pour lui installer une éolienne : 15 000 euros plus loin, il couvre 70 pour cent de sa consommation et se remboursera, si tout va bien, en 14 ans. Aucune des pièces n'est garantie plus de 5 ans. Par chance, ici aucune loi ne nous oblige à nous connecter au réseau électrique ni à revendre l'électricité produite. L'énormité du chantier m'effraie et m'oblige à me plonger dans des lectures aussi incompréhensibles qu'exotiques sur les mérites détaillés du mini-éolien. Les bateaux embarquent de petits systèmes avec batteries, l'idée d'avoir un générateur permanent pour assurer la vie et la communication en cas de coupures prolongée (nous en avons une par trimestre) me paraît être un bonus très appréciable. Je vais donc me plonger dans un bilan exhaustif de notre consommation vitale et quotidienne pour m'assurer de rentabiliser notre achat en deux ans maximum. Qui a dit qu'être écolo c'est rigolo ?
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